Cela fait trois ans que s'est éteint Tahar Benferhat, figure emblématique du football algérien. Tahar Benferhat incarnait la longévité et la fidélité d'un joueur qui a servi son club de toujours, la JSM Tiaret, qu'il porta à bout de bras pendant plus de cinquante ans. International de 1968 à 1974, celui que l'on a surnommé «Le Roc du Sersou» était une idole du football national toutes générations confondues, avec une carrière internationale riche en événements heureux. L'ancien libéro de la JSM Tiaret, l'un des meilleurs en Algérie, s'est distingué durant toute sa carrière par une sportivité et un fair-play à la hauteur de son immense talent. Son nom restera à jamais lié à l'histoire du club de sa ville natale et à l'équipe nationale algérienne dont il fut son capitaine durant les années 1970.Le 5 juillet 1964, il dispute son premier match international contre le Dynamo Zagreb (ex-Yougoslavie) à Alger, sous la houlette de feu Abderrahmane Ibrir. Continuant sur sa lancée, l'ex-libéro de la JSM Tiaret a reçu les éloges de la presse brésilienne après s'être illustré lors la rencontre amicale entre l'EN et le mythique club de Santos de la perle noire Pelé, au stade du 19 Juin à Oran. Excellent par son sens du placement, son sang-froid, son efficacité dans les duels et sa précision dans la relance, la presse brésilienne a désigné Tahar comme le meilleur joueur à ce poste. Continuant sur sa lancée et confirmant son immense talent, Tahar Benferhat a été convoqué en sélection d'Afrique, dirigée par Rachid Mekhloufi et le Ghanéen Gyamfi, participant à la première Coupe des Confédérations abritée par le Brésil en 1972 en compagnie de Miloud Hadefi (MCO) et les autres sélectionnés étrangers, l'Egyptien Hassan Shehata, le Tunisien Attouga, le Guinéen Maxime Camara, le Congolais François M'Pelé, l'Ivoirien Laurent Pokou, le Camerounais Jean-Pierre Tokoto pour ne citer que ceux-là. «Tahar Benferhat en tant que footballeur a accompli d'énormes progrès et n'a jamais cessé de s'améliorer. C'est tout le contraire d'une vedette. Il écoute les conseils qu'on lui donne et il est toujours animé du désir de bien faire. Il peut jouer à tous les postes de l'attaque et de la défense. Quand il joue simplement, il est irrésistible. En tant qu'homme, il possède une bonne moralité». Ce sont là, les éloges du regretté Saïd Amara, qui fut son entraineur à la JSMT.
En tant qu'entraineur, Tahar Benferhat a dirigé plusieurs clubs de l'Ouest et a été également à la tête de l'équipe nationale espoirs en 1989. Pour l'histoire, Benferhat a été, avec Yahia Rabah, président de section football à l'époque, l'auteur de la découverte de Moussa Saïb, qu'il a titularisé en seniors alors qu'il était encore cadet. Tiaret peut être fière d'avoir enfanté un joueur de la trempe de Tahar Benferhat, plébiscité comme l'un des monuments du football algérien tels que les Mustapha Zitouni, Hacene Lalmas, Rachid Mekhloufi, Ahmed Oudjani, Melaksou, Bourouba, Fréha et bien d'autres icones.
Un grand joueur est parti en silence, et pourtant, Tahar Benferhat a été le digne ambassadeur de la JSMT et de l'EN. Sinon comment expliquer ce manque de considération envers un joueur qui a écrit son nom en lettres d'or dans le livret du football national et international ' Ne mérite-t-il pas un mémorial au même titre d'ailleurs que le défunt Krimo, l'ancien gardien de but international '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Zeggai
Source : www.lequotidien-oran.com