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Filière cuirs et chaussures : les prémices d'une renaissance ' Economie : les autres articles



Filière cuirs et chaussures : les prémices d'une renaissance ' Economie : les autres articles
Laminée pendant plusieurs décennies, la filière cuirs et chaussures peut-elle renaître de ses cendres ' Au gouvernement, on semble vouloir se donner la peine de ranimer une industrie anémique.
Début janvier, l'Algérie et l'Espagne ont signé, dans le cadre de la visite du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, plusieurs accords industriels, dont celui de la réouverture de l'usine Sonipec de Chéraga, ex-Bata. «L'entreprise de Chéraga était fermée. Il y a eu une décision de réouverture. Celle-ci nécessite une mise à niveau. Les travaux sont en voie d'achèvement. La réception de l'usine est prévue vers la fin de l'année en cours», a confié à El Watan Amar Takdjout, secrétaire général de la Fédération nationale des textiles et cuirs, affiliée à l'UGTA.
L'accord, signé entre la SGP Industries manufacturières et la société espagnole Celma, devrait permettre, à court terme, la production d'un million de paires de chaussures, selon lui. Initialement fixée à 25%, la participation de la société espagnole dans le capital social de cette usine passera à 49% dans une seconde étape, selon de récentes déclarations du président du directoire de la SGP-Industries manufacturières, Abdelhak Saïdani. Le chiffre d'affaires prévisionnel est de près de deux milliards de dinars. En termes d'emploi, 460 nouveaux postes sont prévus.
L'accord en question prévoit aussi la mise en place, sur le même site, d'un centre technique d'appui aux entreprises qui aura pour but d'assurer la formation du personnel dans les différents métiers de cette filière avec, à la clé, la création de 150 emplois. Ce même centre sera doté d'un capital social de 500 millions de dinars détenu à hauteur de 35% par le partenaire espagnol. M. Takdjout a évoqué aussi la possibilité de la remise en production de l'usine de chaussures de Frenda, implantée dans la wilaya de Tiaret, fermée suite à une décision du Conseil des participations de l'Etat (CPE). «La SGP du groupe a d'ailleurs établi une étude», précise-t-il, soulignant que des Italiens seraient aussi intéressés par la filière cuirs et chaussures.
Une filière à genoux
Ce partenariat, aussi louable soit-il, ne peut escamoter la situation d'une filière moribonde. «Depuis l'ouverture économique débridée, beaucoup d'entreprises ont fermé. Nous avons perdu 90% de notre tissu depuis 1990. Celles qui sont toujours en activité ont connu des difficultés liées à l'endettement et à la perte de parts de marché en raison de la concurrence déloyale», précise Amar Takdjout. Conséquence : de 16 000 travailleurs dans les années 1980, la filière emploie aujourd'hui seulement 2000 personnes. «La filière a frôlé la disparition», ajoute-t-il.
Dans le secteur public, elles sont tout juste une petite dizaine d'entreprises à vivoter grâce aux commandes publiques. La production nationale, privée et publique, ne dépasse pas le million de paires, alors que la consommation nationale de avoisine les 70 millions par an, soit une moyenne de deux paires de chaussures par Algérien, avance-t-il. «Nous importons environ 98% de nos besoins», se désole notre interlocuteur.
Problème de qualité ' M. Takdjout réfute en partie cette idée ; d'après lui, la filière paye cher le choix économique des dirigeants politiques : «Il y a eu un choix politique, orienté vers l'importation au détriment de la production nationale.»
Dans l'espoir d'éviter la disparition de la filière, le gouvernement avait décidé, en 2011, d'un plan de sauvetage de 2 milliards de dollars qui devait permettre l'assainissement total des dettes des entreprises en difficulté et assurer des plans d'investissement. Deux ans plus tard, sa concrétisation traîne en longueur. «La mise en place se fait graduellement, mais c'est long», se plaint M. Takdjout, appelant à en finir avec certaines «méthodes de gestion archaïques». Selon lui, il est grand temps de dépénaliser l'acte de gestion et de libérer les organes de gestion comme le conseil d'administration et l'assemblée générale des actionnaires.
En guise de solutions, les professionnels recommandent de revoir l'organisation de la filière et de lutter contre le marché informel. M. Takdjout estime nécessaire de conclure des conventions entre les collecteurs et les tanneries qui respectent les normes environnementales, en excluant les pollueurs et les collecteurs clandestins. La réalisation d'abattoirs mécanisés pour récupérer des peaux saines et de bonne qualité doit aussi être de mise, suggère-t-il, tout en appelant les entreprises de la filière à reconsidérer leur politique marketing.
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