Tiaret - A la une

EN EPIANT L'HISTOIREDE AMAR BELKHODJA Devoir de mémoire



C'est un ouvrage historique que nous livre Amar Belkhodja dans sa dernière publication. Flash-back sur des épisodes douloureux de la période coloniale comme la misère, la pauvreté et le chômage.
«Quand nous entamons la seconde moitié du XXe siècle, les horizons de la population algérienne sont sombres. Dans les grosses villes, les principales places et artères pullulent de cireurs et de porteurs.» (P.143). Focus sur la ville de Tiaret où l'auteur laisse parler les chiffres. «En 1952, sur 18 000 habitants algériens de la ville de Tiaret, 13 000 se trouvent sans emploi défini et régulier.» (P.143). On apprend que face à ce fléau, les Tiarétis avaient créé le 23 décembre 1952 une association de chômeurs. Dans un chapitre consacré au pèlerinage à La Mecque, à l'époque coloniale, Amar Belkhodja écrit que visiter les Lieux-Saints relevait de la gageure. Ce Graal n'était délivré qu'à une poignée de privilégiés. «La cinquième obligation de l'islam subira des restrictions et les départs pour La Mecque étaient loin d'être massifs... En 1936, l'administration française soumettait le candidat au pèlerinage à huit conditions ou pièces à fournir... Un certificat constatant que l'intéressé n'a subi aucune condamnation correctionnelle ou criminelle et qu'il n'a fait l'objet d'aucune mesure disciplinaire pour actes d'hostilité contre la souveraineté française» (P.174 et 175). Dans un dossier intitulé «Enfance et misère», l'écrivain évoque tous les malheurs endurés par les enfants de l'Algérie coloniale. «La fouille des poubelles est l'une des images de l'humiliation à laquelle on était habitué. Dans la majorité des villes d'Algérie, des enfants de tous âges fouillaient les poubelles dans l'espoir d'y trouver quelque objet de «valeur» à revendre... En 1947, c'est la famine à Aflou. Dans les rues de cette ville présaharienne, les enfants se disputaient des peaux d'orange et se nourrissaient des croûtes qui se formaient à l'extérieur des caisses de dattes... Des témoins qui ont vécu cette époque rapportent que des enfants disputaient parfois même dans ces récipients leur pitance aux chiens.» (P.250 et 251). Des scènes insoutenables d'Algériens jetés dans des cuves à vin dans les régions de Tlemcen et de Blida sont également décrites par Amar Belkhodja. Une méthode d'extermination qu'il compare aux chambres à gaz utilisées par l'armée nazie. Amar Belkhodja convoque l'histoire en relatant les pires atrocités commises par l'armée coloniale française. En épiant l'histoire est un ouvrage richement documenté afin que nul n'oublie.
Sabrinal
En épiant l'histoire, de Amar Belkhodja, éditions Alpha, 2011, 394 P
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