Tiaret - Revue de Presse

Émigration clandestine



Un phénomène sous-estimé La rencontre-débat tenue lundi dernier à la maison des jeunes sur le phénomène des « harragas » n?a pas tenu toutes ses promesses car, au lieu d?écouter les avis et les préoccupations de tous, les organisateurs, notamment les modérateurs, ont carrément péché par excès d?autoritarisme en privant le public présent de certaines interventions, le plus souvent pertinentes qui ne sont forcément pas bonnes à entendre sur un phénomène à la fois préoccupant et épiphénoménal. Tiaret et ses jeunes harragas, c?est assurément l?éternel quête d?un eldorado, pour le moins utopique qui a mal fini pour nombre d?adeptes de la « hedda ». L?officier de police qui communiquait les chiffres éloquents des harragas de la région a parlé de « réseaux locaux et étrangers » et du vide juridique concernant le phénomène. En 2006, a fait savoir le conférencier, ce sont « 159 jeunes dont deux sourds-muets qui ont été extradés d?Europe, notamment d?Espagne ». Officiellement, deux jeunes tiarétis ont péri en haute mer. Quatre selon d?autres sources, au moment où beaucoup de jeunes, partis en mer, n?ont pas donné signe de vie. Ils ne sont comptabilisés ni vivants, ni morts, et c?est dire la douleur de leur famille. Marginalisation des jeunes Au-delà des chiffres et des drames, il y a, diront unanimes certains participants, le pourquoi d?une telle situation. Pour Noureddine, président d?une association locale, « le phénomène est d?ordre politique, s?il n?est induit par cette marginalisation des jeunes » dans un pays pétrolier, riche, qui aurait dû satisfaire les besoins de tous ses fils en quête d?une vie meilleure. Le phénomène n?est pas sous-tendu par le statut social, à voir certains gens aisés tenter l?aventure mais, globalement, les jeunes partis en mer sont d?extraction sociale pauvre. La dernière vague de « harragas » de la ville de Tiaret a été le fruit d?une bande organisée qui, selon l?officier de police, prépare les plans en trois phases. La récolte de l?argent sur place, le recrutement de personnes, l?hebergement provisoire dans une zone non loin de Maghnia et le voyage. Rencontre qui a valu, comme il fallait s?y attendre, un vif interet de la part de citoyens et de responsables du mouvement associatif local, qui y voient, eux, le phénomène plutôt sous l?angle politique. D?autres intervenants ont été jusqu?à invoquer des libertés baffouées, la corruption, la non impliquation de la jeunesse dans certains choix. Nouveauté : Deux personnes seraient poursuivies pour escroquerie, dont l?une est en fuite car aucun texte de loi ne reglémente pour le moment la « harga ».
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