
Chaque 10 octobre de chaque année, les spécialistes de la santé publique réitèrent les mêmes constats amers au cours des mêmes rencontres aussi rituelles qu'insipides : le nombre des malades mentaux est en constante augmentation en Algérie, le pays manque d'infrastructures de prise en charge, les personnels spécialisés sont insuffisamment formés, le secteur de la psychiatrie est mal géré, il n'existe pas de plan national de la santé psychique' Et le 11 octobre de chaque année, les représentants des pouvoirs publics qui auront pris part à ces rencontres de circonstance s'en retournent à leurs tâches quotidiennes sans, à l'évidence, avoir évalué à sa juste mesure le danger que le phénomène des malades mentaux fait courir aux Algériens. Autrement, il y a longtemps que des mesures auraient été prises dans le sens d'une réelle prise en charge de cette catégorie de la société et le nombre des malades mentaux dans les rues aurait sensiblement diminué. Mais cette situation s'éternise malgré les cohortes de déficients mentaux qui hantent les rues, les milliers de familles que cette déchéance déchire et déstructure, les risques d'agressions que les citoyens peuvent encourir au contact de certains «aliénés». Il en est même qui ont payé de leur vie l'incapacité de l'Etat à prendre en charge ces malades. L'un des derniers exemples en date, on s'en souvient, est ce quinquagénaire qui, en début d'année, avait été battu à mort par un malade mental à Frenda, dans la wilaya de Tiaret. Et on ne compte plus les cas d'écoliers terrorisés, de femmes effrayées ou d'automobilistes inquiétés par ces aliénés en errance que le manque d'hôpitaux spécialisés, de personnels qualifiés et, par-dessus tout, l'absence de volonté politique, ont laissés sur le carreau. Comme on ne compte plus ces épisodes de fous malmenés et violentés par des personnes dénuées de compassion et d'humanité qui trouvent divertissant d'agresser des êtres humains sans défense. L'une des solutions préconisées par le corps médical est l'adoption d'un plan national de la santé psychique pour assurer une prise en charge totale des patients ; ce qui, pour beaucoup, aurait dû être fait il y a plusieurs années, avant même que le phénomène ne prenne toute cette ampleur. Mais le malade mental n'était manifestement pas encore inscrit sur l'agenda des actions prioritaires et il n'est pas sûr qu'il le soit aujourd'hui encore.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ould Ali
Source : www.latribune-online.com