
Le monde du travail ne décolère pas et décide d'engager un bras de fer avec le gouvernement après les dernières déclarations de Sellal, à partir de Tiaret, où il a réitéré la volonté de l'Etat d'aller vers la suppression de la retraite anticipée en excluant en parallèle toute augmentation salariale. Si le cafouillage qui a suivi l'annonce de la tripartite avait laissé penser à un éventuel gel de la révision de l'ordonnance 97-13 du 13 mai 1997 avec la montée au créneau de syndicats autonomes et le début d'une grogne qui s'est fait entendre du côté de la zone industrielle, le Premier ministre a rappelé à tout le monde l'intransigeance du gouvernement. Et c'était suffisant pour faire réagir le front syndical autonome fort de 16 sigles syndicaux appartenant en majorité à l'éducation et à la santé qui revendiquent une retraite anticipée pour les métiers qualifiés de pénibles.Outre cette retraite sans condition d'âge, les syndicats exigent d'être associés aux décisions concernant le monde du travail, estimant qu'ils sont plus représentatifs que l'UGTA, du moins dans certains segments. Les syndicats revendiquent également un meilleur pouvoir d'achat érodé par les augmentations des produits de première nécessité et une augmentation légitime des salaires mais l'étendard brandi reste celui des départs volontaires. Une ligne rouge à ne pas franchir, préviennent-ils, donnant au gouvernement rendez-vous à la prochaine rentrée sociale. Les travailleurs de Sonatrach à Hassi R'mel ne sont pas, eux, patients. Ils ont menacé de durcir leur mouvement né après la dernière tripartite, à partir d'aujourd'hui, si la Centrale syndicale ne prenait pas en considération leur mot d'ordre, celui de l'annulation de la mesure décidée par le gouvernement.Si pour le moment les syndicats autonomes et une partie des salariés affiliée à l'UGTA privilégient le dialogue, il est fort à parier que les événements risquent de s'accélérer une fois la retraite anticipée réellement suspendue. Le gouvernement, en décidant de surseoir à cette mesure, a cherché à gagner du temps d'autant plus que le déroulement du bac était une opportunité tentante pour les syndicats de l'éducation pour passer à l'acte alors que l'été et ses congés restent la meilleure période pour activer ce texte en espérant que le mouvement de protestation s'essouffle. La confrontation est à ne pas en douter inévitable, les inconnues étant sa durée, sa densité et surtout les acquis et compromis des deux côtés de la barricade.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com