Moins de deux mois après l'immolation par le feu du jeune Hicham sur la place publique, au centre-ville de Tiaret, un adolescent a tenté, jeudi dernier, de mettre fin à ses jours dans la cour de son lycée en s'aspergeant d'essence. Brûlé au troisième degré, ses jours ne semblent pas en danger.
Il y a quelques semaines, la Kabylie a été bouleversée en apprenant le suicide par pendaison de trois écoliers en l'espace de 24 heures ! Ils sont malheureusement de plus en plus nombreux, ces jeunes qui ont l'âge de la naïveté et de l'insouciance, à vouloir mettre prématurément un terme à leur bout d'existence. Loin d'être de simples cas isolés, c'est un véritable phénomène qui mérite sans doute qu'on s'y intéresse de plus près.
Encore plus, sans doute quand il concerne des enfants scolarisés, des jeunes en apparence à l'abri de difficultés ou de troubles personnels. D'ailleurs, le père d'un des enfants victimes a souhaité comprendre ce qui avait conduit son fils de 12 ans à mettre fin à ses jours et ce, afin d'aider ses autres enfants dans leur scolarité. Il a surtout reconnu l'incapacité des parents à faire face au désarroi de leur progéniture pour la simple raison que les enfants passent plus de temps à l'école qu'à la maison. L'explication, ou plutôt les raisons de ce fléau qui touche ces jeunes seraient donc à rechercher, selon lui, dans le fonctionnement du système éducatif sélectif qui met en avant les résultats et qui pousse trop souvent les parents à mettre la pression sur les enfants. Et ce, encore plus en milieu défavorisé où l'école est perçue comme un moyen de réussite sociale, notamment dans les zones rurales.
Mais le plus inquiétant est ce que ces drames, qui se déroulent parfois à l'intérieur de l'école, n'ont pas ému davantage les responsables de ce secteur. Point d'enquête ni de journée d'étude et encore moins de disposition particulière pour essayer de comprendre ce fléau qui semble prendre de l'ampleur et pour y mettre un terme. Le premier responsable, l'inamovible Boubekeur Benbouzid, qui s'était «impliqué» davantage par le passé dans la polémique autour du port du tablier de couleur pour les écoliers, n'est pas du tout monté au créneau alors qu'il est attendu aussi bien par les élèves eux-mêmes et leurs parents que par les enseignants pour rassurer, pour conforter les uns et les autres. On est en droit de s'interroger sur cet attentisme, pis encore sur cet immobilisme face à un phénomène qui interpelle tout le monde : les pouvoirs publics, les associations de parents d'élèves, les syndicats et les partis politiques, pour ainsi dire la société dans son ensemble.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com