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Assia Djebbar, Houaria Kadra et les autres



Assia Djebbar, Houaria Kadra et les autres
Réussite n Inconnue, méconnue, Houaria Kadra, la s?ur de l'ancien ministre de l'Agriculture est la seule Algérienne et la seule femme du Tiers Monde à obtenir une agrégation en latin et une autre en grec.Pour clore le chapitre de Kaîda H'lima, ses enfants s'apprêtent à donner aujourd'hui à la municipalité d'Oran un autre terrain attenant au cimetière de Dar El-Beïda et qui s'avère trop étroit. Une autre femme mais dans un tout autre domaine fera briller l'étoile de la femme algérienne très haut dans le firmament de la littérature. Assia Djebbar, native de Cherchell, bousculera tous les tabous en Algérie comme en France, elle préparera et réussira le difficile concours de l'école de Sèvres, où elle sortira première de sa promotion.Ses romans sont, depuis, une référence littéraire et on les étudie en terminale. Assia Djebbar a fait partie pendant des années de l'élite intellectuelle française. Son immense talent lui vaudra d'être élue à l'Académie française. Elle est la seule Algérienne à grimper aussi haut dans le firmament littéraire, la seule Maghrébine et la seule Africaine. Pour des raisons qui nous échappent et qu'on n'a pas cru devoir vous expliquer, Djebbar reste quasiment une inconnue chez elle, en Algérie. Une autre femme, dans un tout autre registre, n'a jamais fait parler d'elle et pourtant il y a toutes les raisons pour qu'on le fasse.Inconnue, méconnue, Houaria Kadra, la s?ur de l'ancien ministre de l'Agriculture est la seule Algérienne et la seule femme du Tiers Monde à obtenir une agrégation en latin et une autre en grec. Les lycées français se sont disputé ses compétences. Elle vit aujourd'hui dans l'Hexagone et on ne lui connaît qu'un seul roman à tirage réduit. Une autre Algérienne n'a pas attendu l'exemple de Ouarda ou l'émission «Alhan oua chabab» pour tenter sa chance artistique au Moyen- Orient. Ici dans cette région très volatile, où l'on n'a d'yeux que pour «Oum Keltoum ou bess», Leïla El Djazaïriya sera servie non pas par sa chance mais par son extraordinaire talent de chanteuse d'abord, de cantatrice ensuite et de comédienne enfin. Pour la première fois dans l'histoire de l'art au Moyen-Orient, une Algérienne monte sur les plus grandes scènes du Caire, fait bouger des studios et donne la réplique à Mohamed Abdelwaheb.Et Abdelwaheb en Egypte, ce n'est pas rien. Lorsqu'on a vu jouer Leïla El Djazaïrya à l'écran, Ouarda n'est qu'une silhouette, un rôle accessoire.I. Z.Un parcours stupéfiantHommage n Nous consacrerons ce dernier chapitre à une femme hors du commun, une Algéroise du nom de Hamidou, son nom d'épouse.Elle fut l'une des rares Algéroises à faire des études après le certificat. Elle obtiendra même un diplôme de sage-femme dans les années 30. Une exception dans un pays occupé et colonisé pendant plus d'un siècle.Pour se débarrasser d'une jeune femme apparemment douée pour ce métier et éviter qu'elle ne serve d'exemple aux Algéroises musulmanes, l'Etat français s'arrangera pour la «parachuter» dans une région pauvre, où les femmes «indigènes» ont à peine le droit de vivre : Tiaret.Tiaret à cette époque était exclusivement tenue par les colons, leurs métayers espagnols, leurs gardes champêtres maltais, ainsi que par une myriade de supplétifs au service exclusif de la France, des Français et des intérêts de l'occupation, tels que les khodjas, les kaïds, les bachaghas, et les aghas. Une femme qui ne faisait pas partie de ce milieu, c'est-à-dire une indigène qui accouchait, était sûre de succomber soit à l'hôpital si elle avait un peu de chance d'y trouver une place, soit chez elle entre les mains d'une «kabla».On estimait que 40% des femmes enceintes avaient une chance sur deux de passer de vie à trépas, compte tenu des conditions d'hygiène et surtout de l'immense incompétence de ces «kablas» qui pratiquaient à l'ancienne sans aucune précaution.Mme Hamidou mettra de l'ordre dans cet extraordinaire cafouillage qui n'interpellait personne.Le nombre de femmes décédées dégringolera de façon stupéfiante et la plupart des «kablas» se feront oublier. On ne jure désormais que par Mme Hamidou. Au bout de cinquante ans de métier, cette exceptionnelle sage-femme pouvait s'enorgueillir d'avoir sauvé des centaines de vies et même d'avoir aidé à mettre au monde au moins deux générations de Tiaretis. Face à un savoir-faire unique dans ce genre d'opérations, les médecins, ou plutôt les gynécologues français, commenceront peu à peu à diriger les cas les plus compliqués parmi leurs patients vers Mme Hamidou. Un professeur pied-noir du nom de Mirgon lui demandera souvent conseil. L'ironie du sort a voulu que Mme Hamidou, qui a consacré sa vie à donner naissance à des enfants, n'a jamais eu d'enfants.Pire, aucune rue ne mentionne ou ne rappelle aujourd'hui son nom.I. Z.Enfants de la Toussaintl Mais le plus grand mérite des femmes algériennes est d'avoir donné naissance aux enfants de la Toussaint, aux enfants du Premier Novembre qui libèreront leur pays d'un joug colonial qui aura duré plus de 132 ans. Pour cela et pour les sacrifices quotidiens qu'elles ont consentis en tant que mères, épouses et parfois travailleuses et chargées de famille, elles méritent toutes les médailles et tous les honneurs. I. Z.
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