Marche de protestation à Tiaret
Sur les 16 harraga, originaires de Tiaret et Aïn Bouchekif, qui ont tenté de rejoindre récemment les côtes ibériques, 11 ont trouvé la mort et leurs corps, repêchés non loin d’Arzew, ont été remis à leurs parents.
Pour marquer leur soutien aux familles des victimes, des centaines de jeunes ont observé, avant-hier, un sit-in devant la villa d’hôte de la wilaya, scandant des slogans demandant aux autorités de prendre en charge, réellement et rapidement, tous les problèmes des jeunes chômeurs sans exception. Les jeunes manifestants et les familles endeuillées sont ainsi restés plusieurs heures, rassemblés jusqu’à une heure tardive de la journée, avant de se disperser dans le calme. Le mouvement de protestation ne sera pas pour autant éteint car il se poursuivra, le lendemain, par une marche pacifique parfaitement organisée et quadrillée par les services de la police qui se sont acquittés de leur tâche d’une manière très professionnelle et compréhensive.
Il y a lieu de rappeler ici que, selon une enquête menée par les services de la direction de l’Action sociale (DAS) de Tiaret, 169 jeunes de la wilaya ont déjà tenté d’émigrer clandestinement alors que d’autres sources proches du secteur avancent le chiffre de 300. Devant cette réalité, toutes les politiques initiées à l’endroit des jeunes chômeurs et les rencontres programmées avec des responsables de secteurs concernés et/ou impliqués directement dans la gestion et la prise en charge de cette gent n’ont à aucun moment persuadé les candidats à la harga de renoncer aux traversées suicidaires. Il a fallu que le ministre de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbes, soit violemment interpellé avant-hier, dans le cadre de son programme de travail et d’inspection des équipements structurants de son secteur, pour que les choses deviennent plus sérieuses. Les jeunes qui l’ont retenu plus de 5 heures à l’intérieur de la DAS n’ont pas hésité à lui lancer toutes les vérités sur le phénomène, témoignages saisissants de certains rescapés et autres candidats à la harga à l’appui. Dans toutes leurs interventions, ils n’ont cessé, par ailleurs, d’accuser les bureaucrates. Corruption, passe-droit, régionalisme, copinage, etc., tout y est passé. Devant tous ces témoignages souvent poignants, M. Ould Abbes a vite compris que la harga n’est pas une fatalité, bien au contraire, elle est le résultat de la mauvaise prise en charge des problèmes de la jeunesse.
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B. Kacem
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com