Le projet de construction d'une raffinerie de pétrole à Tiaret, le plus grande du pays (15 millions de tonnes/an) suscite des réserves au niveau du ministère de l'énergie. Au niveau local, où l'on espère 4000 emplois directs, on maintient la pression. Même le Wali s'y met en qualifiant de « racontars » l'idée que Tiaret pourrait ne pas être le lieu d'implantation de la future raffinerie. Et pourtant, ceux qui au ministère de l'énergie sont contre le projet ne manquent pas d'arguments'
Alors que le département algérien de l'énergie est très réservé et n'a pas encore donné un avis définitif sur le projet de réalisation d'une raffinerie de pétrole à Tiaret (ouest du pays), le Wali de Tiaret, M.Hadj Bousmaha est catégorique. « Le mégaprojet de la raffinerie de pétrole dont a bénéficié notre wilaya est bel et bien maintenu et restera à Tiaret», a-t-il indiqué au «Quotidien d'Oran». Le wali semble se baser sur les procédures légales et règlementaires déjà engagées pour afficher sa certitude. « Toutes les procédures légales et réglementaires liées au mégaprojet comme l'expropriation et l'indemnisation des propriétaires de terres agricoles (plus de 1400 hectares) sont achevées, en attendant le parachèvement de l'étude d'engineering menée par la société nationale Sonatrach et ses partenaires», a-t-il déclaré. Quand à l'éventualité de la délocalisation du projet ou son abandon, il estime qu'il ne s'agit que de « spéculations et de rumeurs». Et il s'est interrogé sur les «intentions réelles» de ceux qui «s'échinent à colporter ces racontars» (sic). Mais les procédures engagées sur un projet décidé du temps de Chakib Khelil peuvent difficilement constituer un argument sur la pérennité du projet. Dans ce domaine, c'est l'arbitrage définitif du ministère de l'énergie (et donc du gouvernement) qui tarde à venir qui en décidera. Youcef Yousfi a exprimé de fortes réserves à l'égard du projet avec des arguments technico-économiques qui paraissent très solides. En réponse à une question écrite des députés de Tiaret, très attachés au projet et appuyés par ceux de Tissemsilt, Saïda et Djelfa, M.Youcef Yousfi a confirmé la construction de nouvelles raffineries mais pas « pas forcément dans les régions où le choix avait été précédemment effectué (..)».
Trop couteux pour traiter du pétrole importé
Le premier bémol est que la rénovation des raffineries existantes (Alger, Arzew, Skikda et Hassi Messaoud) passe avant la construction de nouvelles raffineries. Le second bémol apporté par Yousfi est que le choix du lieu d'implantation de la raffinerie dépendra exclusivement de« considérations économiques et stratégiques". Le principal argument « technique » est que l'Algérie n'a aucun intérêt à raffiner son pétrole qui est d'une qualité supérieure et rapporte mieux à l'exportation. L'Algérie gagnerait, avait déclaré Youcef Yousfi, « à importer « le pétrole qu'elle va transformer en bitume dans cette raffinerie, car le pétrole produit localement, réputé être le meilleur brut au monde, lui rapporterait plus à l'exportation''. Cette option de raffinage du pétrole importé affaibli considérablement la viabilité économique d'une implantation à Tiaret. « L'investissement dans les pipes de transport qui vont acheminer le pétrole des ports vers cette wilaya reviendrait cher à Sonatrach'' avait indiqué le ministre de l'énergie. Pour rappel, la commission d'évaluation des offres au sein de la branche Aval de Sonatrach a décidé en mars 2011 le «report sine die de la date du lancement de l'appel d'offres international pour la réalisation d'une raffinerie de pétrole à Tiaret. En 2009, Abdelhafidh Feghouli, alors vice-président de l'Aval avait estimé le cout de l'investissement à environ six milliards de dollars. « C'est un projet de grande envergure qu'il faut prendre le temps de mûrir. Ce sera la raffinerie la plus complexe d'Afrique, dont la réalisation aura des répercussions socio-économiques extrêmement importantes sur toute la région. Nous devons, par conséquent, procéder à une multitude d'études et prendre toutes les précautions avant d'en commencer la réalisation ». Le projet reste, trois ans plus tard, toujours en suspens
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Oussama Nadjib
Source : www.maghrebemergent.info