
Tiaret se glorifie d'avoir donné naissance à de nombreuses personnalités du milieu culturel. Le poète Ahmed Bouziane est l'un de ces derniers, choisi pour être honoré, par l'université Ibn-Khaldoun, du doctorat honoris causa qui lui a été décerné à l'occasion de la Journée nationale de l'étudiant. Avec sa poésie particulière qui véhicule le message par le biais duquel se manifeste la diversité des objets de la vie populaire, Ahmed Bouziane déclamera un florilège de poèmes qui ont contribué à nous aider à mieux envisager ce monde dans une prise de conscience collective dont certains de leurs auteurs ont été, comme dans tous les "autoritarismes", les premières victimes pour un seul péché, celui d'avoir combattu, avec pour seule arme, la poésie, l'essence même de la tolérance avec la puissance des mots. Ces poètes dont il fait partie, loin d'être de simples méditatifs, furent les témoins actifs de leur temps, leur rôle ne consistant pas à émouvoir dans la mièvrerie et l'abondance de bons sentiments. Ils ont participé avec courage et détermination aux combats universels en s'engageant corps et âme au péril de leur vie dans une lutte sans faille contre les injustices, en marquant du sceau de leur talent les plus beaux vers donnés à entendre. En rhapsode, mais surtout en Algérien racé, il s'est acharné, comme il l'a souvent fait, à porter un double message à travers ses vers. En premier, attirer l'attention aussi bien des responsables concernés que de ses concitoyens sur l'utilité d'agir véritablement pour la réhabilitation de la culture. Ensuite exhorter ces derniers à s'amarrer mieux aux choses du patrimoine et surtout à cette poésie populaire composée durant les derniers siècles, en ce sens que celle-ci demeure un élément fondamental qui a prémuni l'identité de l'Algérien à un moment où il avait tant besoin d'une boussole pour traverser le désert où la colonisation l'avait relégué. C'est précisément la sublimité mythique de ce canon légendaire qu'il a choisi pour évoquer chaque fois dans des poèmes superbes, aux allures anecdotiques et pédagogiques, ce qu'il ressent à travers ses expériences. Poète fasciné par les ?uvres des bardes de la poésie classique et populaire, à l'instar d'El-Moutanabbi, El-Bouhtouri, Abou Tammam, El-Mendassi, El-Hadj Khaled Ben Ahmed, El-Maghraoui, Sidi Lakhdar Benkhelouf, Ahmed El-Ghrabli, cheikh Nedjar, cheikh Ben Slimane et bien d'autres, qui constituent ses références sur la scène nationale et continentale, Ahmed Bouziane se distingue par de nombreuses collections, dont De l'esprit de la Concorde, Entre l'interdit et le non-dit, L'épopée de Baba Merzoug, Florale de la mémoire, Voix contemporaine, Poèmes pour la Révolution et la Patrie... Un peu d'histoire, de l'émotion, un tour du monde avec ses révolutions et ses guerres que le vent emporte, il nous a invités, durant cette soirée ramadhanesque, à un voyage aux confins des métaphores les plus troublantes avec quelques coups de gueule... en promettant de changer les airs pour s'éloigner de Tiaret, cette région qui lui a donné naissance, pour s'installer ailleurs où il sera considéré à sa juste valeur. Ingratitude de ceux qui gouvernent sur le plan local oblige !R. SALEM
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R SALEM
Source : www.liberte-algerie.com