Tiaret - A la une

Adel Mohamed Belarbi, un ingénieur au service des siens



Il développe un drone destiné au reboisement, à la lutte contre les feux de forêt, au phénomène de la "harga" et au service de l'agriculture.Il n'a que 36 ans et déjà il comptabilise trois brevets d'invention dans le domaine de l'aéronautique, de la biologie, de la protection personnelle et de self-défense contre le coronavirus. Lui, c'est Adel Mohamed Belarbi, l'enfant de Hammam Bou-Hadjar, dans la wilaya d'Aïn Témouchent.
C'est dire que la cité des bains ne renferme pas uniquement des sportifs de haute performance qui ont marqué leur époque de leur empreinte, tels que Tedj Bensaoula, Ali Meçabih ou encore Mezouar Arafat.
Elle compte en son sein des chercheurs dans plusieurs domaines, dont le jeune Adel, ingénieur de son état. "Après mes études en sciences aéronautiques que j'ai poursuivies à l'Institut national aéronautique de Blida et qui ont été sanctionnées en 2006 par un diplôme de DUEA (diplôme d'études universitaires appliquées en structure aéronautique), j'ai travaillé dans le domaine de l'aviation dans une société privée, puis dans un centre de recherche scientifique, avant d'intégrer une société privée à Sidi Bel-Abbès", nous apprendra Adel.
Alors qu'il n'était âgé que de 21 ans, Adel a tenté en 2006 une première expérience d'un projet d'invention portant sur la mise au point d'un premier drone, qu'il abandonna, faute de moyens
financiers.
Son projet était presque fini pourtant ; il était à 80% du montage de l'appareil d'un poids de 450 kg et d'une puissance de 60 CV, dont le coût ne dépassait guère les 260 000 DA.
"C'était la première initiative au niveau de l'institut, où nous avons travaillé avec des épaves d'anciens avions abandonnés, en utilisant des moteurs de véhicules avec l'aide du directeur de l'institut", explique-t-il, se rappelant qu'"en 2008, j'ai rejoint une entreprise privée à Tiaret, où j'ai commencé à travailler, à l'aide d'un bureau d'études composé de 16 ingénieurs et techniciens supérieurs, sur un projet de mise au point d'un drone destiné à des missions de défense que j'allais proposer au ministère de la Défense".
Une fois de plus, il n'a pas pu aller jusqu'au bout de son projet, cette fois-ci à cause de problèmes techniques et d'ordre financier à la fois. Persévérant, Adel ne baisse pas les bras pour autant et affirme qu'actuellement il travaille sur un projet d'un avion sans pilote destiné à l'agriculture pour l'arrosage des pesticides avec l'université Djillali-Liabès de Sidi Bel-Abbès.
Aussi, la série des incendies qui ont ravagé les forêts à travers plusieurs régions du pays n'ont pas laissé indifférent le jeune inventeur aux idées toujours foisonnantes et qui veut apporter une contribution utile dans la lutte de ce phénomène.
"J'ai travaillé énormément avec la Conservation des forêts de Sidi Bel-Abbès à la recherche d'une solution efficace et à moindre coût, qui a été proposée au ministère de l'Agriculture, sachant que le contrôle des forêts nécessite un gros budget et des moyens énormes, alors qu'ils devraient être limités à un escadron de quatre ou cinq canadairs pour des patrouilles", explique Adel, affirmant que "le drone, objet de mon invention, est capable de repérer le départ d'un foyer d'incendie et d'envoyer des coordonnées à la salle de contrôle".
Car "il y a des endroits au relief accidenté où il est difficile d'accéder ou de les repérer car situés parfois aux sommets des montagnes. Une fois le foyer détecté, le drone peut même demander au centre de contrôle l'autorisation pour une intervention afin de le circonscrire avant qu'il ne se propage et d'adresser un compte rendu de fin de mission", enchaîne-t-il.
Le drone servira en plus au reboisement à grande échelle et dans un temps record avec un système de pilonnage de plants d'arbres protégés dans une coque biodégradable mais aussi dans la lutte contre la désertification. "Mon projet a trouvé un écho favorable auprès du département des forêts, mais il reste tributaire d'un financement à même de passer à la phase industrielle", révèle-t-il.
Par ailleurs, Adel Belarbi nous apprendra que le drone est capable de mener d'autres missions laborieuses sans courir de risque de quelque nature que ce soit pour porter secours à des disparus en mer dans des conditions climatiques extrêmement défavorables, à l'exemple de marins pêcheurs victimes d'un naufrage, de harraga ou encore de touristes perdus dans la vaste étendue du Sahara. L'autre brevet d'invention a trait aux moyens de protection contre le coronavirus.
"Dès l'apparition des premiers cas de coronavirus dans notre pays, vers le mois de mars 2020, j'ai décidé de participer à l'élan de solidarité qui a été mis en branle. J'ai orienté mes idées sur la production d'équipements de désinfection et de protection", ajoute l'enfant de Hammam Bou-Hadjar, révélant plus loin qu'un atelier familial a été créé pour la production de casques de protection du visage, destinés aux personnels de la santé et d'autres secteurs concernés qui sont utilisés à nos jours.
"Grâce à certains donateurs anonymes et désintéressés, nous avons pu distribuer près de 1 000 casques à travers 18 wilayas en moyenne de 50 casques/jour", s'est-il réjoui.
Toujours dans le cadre de la lutte contre la propagation de la Covid-19, le jeune inventeur s'est lancé dans un autre projet, un autre défi, avec la mise au point de tunnels et de chambres désinfectants qui fonctionnent avec de l'ozone, des colonnes de désinfection sous forme de robots de désinfection à aux ultraviolets d'une technologie de pointe, qui pouvaient être utilisés dans des cliniques.
Il va sans dire qu'après de nombreuses années de spécialisation en conception et fabrication mécaniques, en particulier les avions
légers et les drones, les machines biotechnologiques, les solutions architecturales et le processus de production, le jeune Adel est à la recherche avec impatience de nouveaux défis.
Enfin, le chercheur de la cité des thermes espère bénéficier d'un accompagnement de la part des pouvoirs publics à la hauteur de ses ambitions à travers ses nombreux projets afin de pouvoir les concrétiser et contribuer ainsi au développement de l'économie nationale.

M. LARADJ
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