Par son fils
Benaoum Lahcen J.
Native de Tiaret le 8 mai 1942, très jeune, elle rejoint le maquis à l'âge de 15 ans. Ses motivations pour la cause nationale sont avérées dès son adolescence. Morte à la fleur de l'âge, les armes à la main à 19 ans. Par une journée d'hiver, le 16 décembre 1961 à 9h du matin dans la région de Aïn Dheb (wilaya de Tiaret), exactement dans la ferme Achour Benfreha, chez Madame Djellouli Mebbarka (source ONM-Tiaret), un grand accrochage fait rage entre l'armée française et un groupe de 5 combattants ALN, parmi ce groupe une femme, Hamdani Malika.
Trois moudjahidine se détachent du groupe pour couvrir le retrait de Si Abdel- Aziz (chef de la 2e région- Zone 7/W5) et de Malika, mais le bouclage était presque imperméable, nos trois vaillants combattants tenaient bon sous les feux de l'armée française jusqu'à la fin de la bataille. Elle et Si Abdel-Aziz se sont repliés dans une pièce à deux portes, l'une d'elles donnait sur une courette qui contournait la ferme. Si Abdel-Aziz est resté sur place afin d'empêcher les soldats français d'avancer, notre héroïne a contourné la façade de la ferme pour avoir un effet de surprise sur les soldats qui assiégeaient l'endroit, en les criblant de balles avec son arme. Une fois l'étau desserré, Si Abdel-Aziz est soulagé de cet encerclement, ils ont pris la direction inverse de l'accrochage dans l'espoir de trouver une brèche, ils ont couru quelques dizaines de mètres avant de se trouver en face des half-tracks qui venaient en renfort. Après un échange de tirs sporadiques avec les soldats français, nos deux martyrs tombent au champ d'honneur avec leurs compagnons, la loi du nombre n'était pas en leur faveur. Hamdani Malika était presque coupée en deux par un tir d'un half-track. En tombant par terre, sa chevelure noir corbeau est apparue de son chèche en dévoilant son visage angélique. Elle était en tenue militaire avec une djellaba. L'officier français qui commandait cette opération a crié : «Oh mon Dieu ! Tu as tué une femme», le soldat qui a tiré lui a répondu : «Je l'ai prise pour un homme.» Cinq combattants de la liberté ont trouvé la mort et plusieurs soldats du côté adverse lors de cette bataille. Avec ce dernier fait d'arme, ainsi s'achève la vie de cette héroïne de la guerre de Libération qui a passé 4 ans au maquis dont 3 avec son mari, le chahid Benaoum Lahcen (si Abdel-Illah, voir photo), et presque une année à la prison de femmes à Rio de Salado, l'actuel El Malah, wilaya de Témouchent. Les habitants de ce hameau étaient témoins de cette bataille, certains d'entre eux ont été emprisonnés par l'armée française dont Madame Djellouli Mebbarka pour soutien à la révolution (source ONM Tiaret). La dépouille de Hamdani Malika repose avec les 4 chouhadas morts ce jour-là au carré des martyrs au cimetière d'Aïn Dheb, que Dieu ait leurs âmes dans son vaste paradis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B L J
Source : www.lesoirdalgerie.com