Oum Ali, une
localité semirurale située à une cinquantaine de km au sud-est de Tébessa,
Gargara 2, un ilot d'habitations où résident les Guebla. En se rendant chez
elle, la chef de famille G.Yamina 59 ans, affiliée au filet social pour un
pécule de 3000 da, apparemment au fait de l'objet de notre visite, nous
accueille à l'entrée de sa modeste maison, avec humilité : " Soyez la
bienvenue, vous venez voir ma fille la voilà, elle est dans cet état depuis
l'âge de 10 ans ".
Atteinte d'une maladie à lourde pathologie
neuropsychologique, Nabila, aujourd'hui âgée de 24 ans, fille cadette de six
enfants, est allongée à même le sol, dans une pièce exiguë, drapée d'une
couverture, le visage à moitié dévoilé, laissant apparaitre un regard absent,
l'effet d'une somnolence profonde, s'enfonçant de plus en plus dans un
véritable trou noir. Entre des séances de Rokia chez les talebs de la région et
la dernière visite d'un médecin généraliste qui remonte à 2008, sa situation ne
fait que se dégrader, perdant petit à petit des facultés essentielles au point
qu'elle devient totalement dépendante d'autrui pour le moindre de ses besoins.
Sa mère ajoute d'une voix cassée par l'émotion : " ma fille ne mange
presque plus, on est obligés de l'alimenter difficilement, alors qu'elle ne
parle plus, elle émet de temps en temps des cris pour exprimer ses
douleurs."
Certains
attestent l'existence des mêmes symptômes chez d'autres membres de la famille,
son père et sa grand-mère décédés. La malade a été trop longtemps abandonnée à
son triste sort, par ignorance peut être, mais sûrement par manque de moyens.
Son hospitalisation en temps opportun et un suivi médical adéquat auraient pu
éviter à Nabila tant de souffrances physiques et psychologiques. Entre temps,
l'histoire de cette malheureuse personne a pris l'allure d'un phénomène
surnaturel amplifié par une société archaïque. Maintenant, c'est aux
responsables concernés, de prendre en charge ce cas social et humanitaire, afin
d'atténuer quelque peu les effets dévastateurs qui ont ruiné la vie d'une
innocente, le destin a voulu ainsi dira-t-on mais, il n'est jamais trop tard
pour venir en aide à quelqu'un de surcroit dans le besoin le plus absolu.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com