Chez les
buralistes, ou entre les mains des vendeurs de journaux à la criée, ils se font
discrets, au milieu d'une marée de publications diverses, aux couleurs
politiques et idéologiques assez prononcées. Ce sont ces titres dits
francophones, de la presse nationale.
Détrompez-vous, en vérité, les apparences
sont trompeuses. En effet et en dépit de multiples aléas, les journaux
d'expression française continuent d'abreuver en informations, un lectorat d'une
assiduité acquise au fil des années.
De nos jours, ses lecteurs se recrutent
essentiellement au sein de certaines professions libérales médecins,
architectes et avocats, ou dans une frange des retraités de la fonction
publique, enseignants et fonctionnaires de l'administration locale, tout ce
lectorat sélectif jouit d'un niveau intellectuel appréciable. Généralement, ce
sont ceux qui ont 40 ans et plus qui feuillettent régulièrement un, voire deux
journaux par jour.
Un sondage à l'université de Tébessa, pour
avoir une idée ne serait-ce que partielle, sur la lecture de la presse écrite,
tous périodiques confondus, ainsi nous apprenons que les étudiants consultent à
près de 80 % et ceci d'une façon sporadique, les titres arabophones, en
particulier les quotidiens, ainsi que des publications spécialisées, les hebdos
sportifs, par exemple, même son de cloche dans certains établissements
scolaires tel ce lycéen qui dira : «le handicap de la langue me pénalise
énormément, aussi la lecture des journaux reste aléatoire et très
occasionnelle. Mon espoir ce sera de découvrir, ce qui s'écrit dans ces
journaux francophones et de le comprendre à sa juste valeur. «Certains lecteurs
disent lire des journaux, dans les deux versions, arabe et française, sans trop
de difficultés, histoire de procéder à une petite comparaison quant aux styles
et les manières dans lesquels sont rapportées et traitées les informations.
Pour d'autres, les journaux francophones demeurent une source d'information
faible. Selon l'avis d'un professeur universitaire : «cela est vrai, lorsqu'»on
observe rien que la Une de quelques titres de la presse qui, souvent, versent
dans la superficialité, en priovilégiant le côté sensationnel, au détriment de
la véracité des faits.
Quitte à traiter l'information selon une
approche, plus au moins suggestives, n'hésitant pas parfois de titiller les
sentiments et les frustrations des uns et des autres, sur des sujets et des
questions sensibles qui nécessitent, à mon humble avis, beaucoup plus de
rigueur et des profondeurs d'analyse, loin de tout jugement de valeurs.
Du coup, voit-on une certaine presse cibler
des catégories de lecteurs, sachant au préalable, la tendance prédominante chez
ces derniers. D'après les opinions des personnes interrogées, appartenant à des
catégories socio-professionnelles distinctes, les titres de la presse nationale
d'expression française offrent, dans une large mesure, la possibilité d'avoir
une lecture de l'actualité nationale et internationale, selon des grilles de
lecture différentes où l'analyse des faits prime sur le commentaire
extravagant. Pour des grilles de lecture différentes où l'analyse de deux,
trois titres, se fait en fonction, des signataires et des plumes, là où chacun
excelle, dans un genre journalistique particulier, ça va de la chronique
acerbe, narquoise et sans complaisance, à l'analyse exhaustive bien au fait des
arcanes de la scène politique ou encore, les comptes rendus des événements,
reflétant une facette du personnage, de quelqu'un d'aguerri, connaissant plus
au moins son sujet». Petit bémol, un buraliste nous dira : «certains titres
sont fortement désavantagés, et par le nombre d'exemples relativement réduits,
mis à la disposition des buralistes, et l'arrivée tardive de certains journaux,
tout cela exaspère une clientèle fidèle, n'acceptant pas ces désagréments».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com