Chaque jour, les
stations-service sont prises d'assaut par une cohorte de véhicules empressés,
en témoignent ces files d'attente qui n'en finissent pas. Apparemment, un
problème d'approvisionnement se pose. Que non, selon certains gérants des
stations, la situation serait plus grave. Ainsi, pour le chef de station Naftal
du centre-ville, la quantité délivrée (21.000 litres/j) en trois arrivages est
suffisante pour satisfaire la demande des usagers pendant 48 heures. Or, il se
trouve d'après la même personne «qu'une grosse part de cette quantité irait
alimenter le réseau de la contrebande du carburant. Et tous les moyens
pensables et imaginables disposant d'un double réservoir de ces garages comme
lieux de stockage, avant que les produits ne soient acheminés vers les zones
frontalières en empruntant des pistes bien dissimulées dans les massifs
montagneux. Les transporteurs de ces produits énergétiques (fioul et essence)
foncent sans attendre vers le pays voisin pour y écouler leur marchandise, les
passeurs sont sur place».
Et pour étayer sa
thèse, ce gérant de ladite station-service, nous dira que «la saignée
représente parfois un taux assez élevé des quantités livrées aux stations. A 18
heures, la cuve est entièrement vide. Des automobilistes viennent refaire le
plein, plus d'une fois par jour. La question est de savoir où va tout ce
carburant ?
Auparavant, ce
phénomène de la contrebande des produits énergétiques ne touchait que les
stations de distribution se trouvant à proximité de la bande frontalière
(El-Kouif, Bir El-Ater, Oum Ali...). De nos jours, le mal s'étend à des localités,
plus au moins épargnées jusque-là, telle la ville de Tébessa.
En somme, des
stations-service mises à sec en quelques heures, créant de la sorte un climat
de tension perceptible à travers les rapports tendus entre des clients au bord
de la crise de nerfs et des pompistes débordés, et cela sur un fond de psychose
d'une pénurie due à une rupture de stock imprévu.
Même son de
cloche dans d'autres stations Naftal ou privées. Approchés, les gérants
préconisent, entre autres, la mise en place d'une réglementation stricte quant
à la quantité fournie à chaque véhicule et le renforcement du contrôle
technique de certains moyens de transport routier, susceptibles d'être utilisés
dans ce genre de trafic, et ce, afin de juguler la frénésie continue depuis des
mois déjà et le carburant de chez nous coule à flots hors de nos frontières.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com