Après l'effervescence électorale, la vie reprend son cours normal,
c'est-à-dire, le train-train d'une quotidienneté pas si facile à gérer, en
cette conjoncture de crise ambiante, mêlée aux inquiétudes des uns, quant au
déblocage de la situation sociale essentiellement, et aux interrogations
récurrentes, des autres, somme toute légitimes, relatives à leurs conditions de
vie, de plus en plus précaires, où le pouvoir d'achat ne cesse d'être écorné,
au risque d'en pâtir davantage.
Et pourtant, à Tébessa, tout semble indiquer que la dynamique de
développement instaurée ces dernières années va pour le mieux, à l'exemple de
ces projets en cours qui se comptent par dizaines, auxquels, les pouvoirs
publics ont mobilisé des ressources financières conséquentes. Ainsi, les
chantiers s'érigent à vue d'oeil, touchant aux différentes activités
socio-économiques et aux infrastructures de base, aussi bien dans le bâtiment,
les services, le transport, la réfection des routes et le renforcement des
capacités de l'AEP, devenant une priorité majeure.
Cependant, il est difficile de discerner la réalité des choses. Parfois,
on a l'impression que la ville s'étouffe dans ses propres limites, une
démographie exponentielle, un exode rural non jugulé, résultat, des quartiers
périphériques, en vérité, des constructions illicites, s'entassant les unes sur
les autres, offrant du coup, un décor cauchemardesque, avec tout ce que cela
entraîne comme dégradations sociales et autres maux, chômage, incivisme et
insécurité. Et là, la frange sensible des jeunes est la plus durement touchés.
Diplômés ou sans formation, la plupart d'entre eux tatent au goût amer, d'une
«débrouillardise» souvent éphémère, histoire, d'assurer un semblant de vie décente,
afin de s'épargner la descente en enfer. Le revendeur à la sauvette ou
l'ingénieur, s'improvisant en chauffeur de taxi, sont un échantillon d'une
population fragilisée. Beaucoup de paradoxes qui font que Tébessa, à l'instar
d'autres agglomérations du pays, se distingue par sa richesse éxcubérante, un
«El Dorado» pour certains dont les opportunités d'enrichissement sont mises à
profit par des catégories distinctes. Et ces poches de pauvreté visibles,
mettant mal à l'aise toute une société importée qu'elle l'est par la
déferlante, la crise multidimensionnelle.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com