De nos jours, la
ville de Tébessa offre aux visiteurs l'image d'une grosse agglomération bien
empêtrée dans ses innombrables contradictions.
Entre le
chef-lieu de wilaya, aux ambitions fort légitimes, tendant vers un avenir
meilleur, à l'opposé d'une réalité tout autre, d'une cité sans contours précis,
difficilement saisissable. Incapable de se défaire d'un grand nombre de
pratiques négatives. Tébessa donne l'impression d'une machine grinçant quelque
part et que les efforts consentis risqueraient de s'éparpiller oiseusement.
Prenons, à titre d'exemple, le dossier, hautement grave, des retombées
négatives concernant le déficit criard, en matière d'insalubrité publique,
d'une récurrence quasi régulière. Un dispositif de prise en charge peu efficient,
résultat, une ville bien embourbée dans ses tonnes d'ordures, avec la
complicité d'une frange de la population très peu soucieuse de cet aspect de
leur vie au quotidien. Pendant ce temps, la cité continue de crouler sous un
soleil de plomb, tout est dénudé, Tébessa prend l'allure d'une bulle
hermétiquement fermée, le manque de verdure se fait ressentir à la moindre
poussée de ce vent chaud et poussiéreux, appelé localement «Ch'hili».
Et voilà, comme
pour donner un brin de surréalisme, d'un quotidien caniculaire, englué dans des
invraisemblables chimères, débarquent ces diseuses de bonnes nouvelles, venues
de nulle part, elles reviennent au même moment de l'année pour s'installer,
ainsi dire, au même endroit. Annonçant, de la sorte, la fin d'une saison et le
début d'une autre. Pas plus loin, se profilent ces âmes errantes de leurs
lointaines contrées subsahariennes, ils arrivent chez-nous, leurs têtes
bourrées de rêves insensés, tout en prolongeant l'aventure, au-delà de la
grande bleue, vers cet Eldorado européen. Certains de ces migrants africains
ont eu l'audace de s'inscruster dans le paysage local, tels ces cordonniers
installés sur la place publique. Tébessa, c'est aussi ce centre-ville squatté
et transformé en une véritable foire médiévale, sauf qu'aujourd'hui, ce bazar à
ciel ouvert propose des produits hétéroclites, du textile aux babioles
insignifiantes, sortis des ateliers asiatiques. Ainsi donc, l'informel, peu à
peu, prend à son compte les espaces, rien n'est épargné, même pas la fameuse forteresse
byzantine qui, du haut de ses siècles d'existence, se voit ériger en un
gigantesque cintre, toute bariolée d'effets vestimentaires.
De même, les
ruelles commerçantes de la vieille ville, s'étouffant, incapables de supporter
toute cette densité de commerce, créant parfois des tensions entre riverains.
Les terrasses des cafés sont, elles aussi, entièrement englouties par la
déferlante, les activités de l'informel. Côté positif, et il y en a sûrement,
en cette période estivale, Tébessa redevient comme par enchantement ce pôle si
attractif, vers lesquels convergent des milliers de voyageurs en direction de
la Tunisie voisine, en empruntant particulièrement les postes frontaliers, les
plus prisés, à savoir : Bouchebka et celui de Ras Laâyoun. Ainsi, les files
d'attente devant les stations-service nous renseignent sur l'ampleur de ces
mouvements de personnes et de véhicules, en provenance de plusieurs régions du
pays, cela augure une activité commerciale et prestations de service
conséquentes, dont bénéficiera la ville et d'autres localités environnantes.
Enfin, disons que Tébessa, en cet été 2009, voit le temps défiler et que
l'observer uniquement dans un prisme déformant comme étant une région à la
réputation sulfureuse, ouverte à tous les vents, n'est en vérité que la partie
visible d'une réalité autrement plus complexe, car les urgences et les
exigences inhérentes au développement local sont, elles, beaucoup plus
d'actualité.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com