Que dire, de ces cours particuliers de soutien scolaire ? Que l'école
publique a failli à sa mission, dans une certaine mesure ? Offrant ainsi,
l'opportunité à certains de venir s'incruster dans un domaine, jusque-là,
réservé à l'autorité publique, ou en revanche, un signe révélateur, de
l'évolution sociétale, irréversible, où les sources du savoir et de la
connaissance vont en se diversifiant ?
Certains estiment que l'école publique, seule, n'arrive plus à satisfaire
aux besoins d'une demande de plus en plus grandissante, vu les contraintes,
tels que les effectifs et le manque des moyens des établissements. Dans ce
sens, B. Kamel, travaillant dans le privé, avec deux enfants scolarisés, dira :
«le rythme infernal imposé dans des classes surchargées m'a poussé à recourir
aux cours particuliers, dans quatre matières, même si cela me coûte 4.000
DA/mois». Même son de cloche chez M. Abderrahmane «avec deux enfants dans le
secondaire, j'étais obligé de solliciter les services d'un établissement privé,
afin d'améliorer leur niveau, surtout concernant les langues étrangères, en
plus des travaux de recherche payants, faits auprès des fournisseurs
d'internet». Par conséquent, des concessions financières supplémentaires, rien
que pour voir leurs progénitures réussir dans leurs études. Ainsi, donc, les
cours privés se démultiplient à une cadence régulière. Tout est bon pour en
faire des classes de cours, quitte à aménager, une partie de sa propre maison à
ces fins.
D'autres établissements investissent et s'équipent en conséquence (labos
de langues, recrutement de personnel enseignant avec à la clé des rémunérations
alléchantes...).
Ces cours privés n'ont pas que des fervents supporters, d'autres voient
la situation sous un autre angle, à l'exemple de A. Abdallah, trente ans
d'exercice dans l'enseignement moyen, pour qui : «l'école publique est
irremplaçable, quelles que soient ses lacunes évoquées, pourvu qu'on lui
fournisse les moyens matériels et humains nécessaires et utiles, pour accomplir
pleinement sa mission». Et il ajoute : «l'école n'est pas figée, elle évolue
avec son époque, aussi elle devrait être à l'écoute de la société sans négliger
des apports de la pédagogie, les méthodes scientifiques modernes, ainsi que les
technologies de communications, les plus récentes. Sans cela, l'école devient
la cible privilégiée de ses détracteurs et se retrouve en decà des attentes des
gens».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Chabana
Source : www.lequotidien-oran.com