Selon des riverains, les articles exposés dans les vitrines à des prix défiant toute concurrence, sont les mêmes hardes de très mauvaise qualité proposés au marché hebdomadaire.A peine une heure après la rupture du jeûne, les rues et les artères de la ville de Tébessa sont déjà bondées. Une foule immense, bigarrée, y vient des quatre coins de la wilaya. Tous les points de vente d'effets vestimentaires sont pris d'assaut par des parents accompagnés de leur progéniture. Ils sillonnent durant plusieurs heures les rues commerçantes à la recherche du «bon produit» et du «bon prix», en prévision de l'Aïd El fitr. Une véritable bousculade observée pour évaluer habits et chaussures à travers les grilles et les vitrines des magasins qui ne désemplissent pas jusqu'à une heure tardive de la nuit. Et c'est bien sûr au grand bonheur des vendeurs pour lesquels c'est une occasion de faire de bonnes affaires. Ils ne manquent d'ailleurs pas d'astuces pour attirer les clients.
«Dieu merci, depuis qu'on a éradiqué l'informel nos boutiques ne désemplissent pas», note Hossem, un jeune commerçant. Cette année encore les prix affichés sont exorbitants, surtout les habits pour enfants, par rapport à la qualité. Tout du «made in China», chose que déplorent beaucoup de parents. Une qualité douteuse, mais qui demeure quand même hors de leur portée. C'est le cas pour Mohamed-Labri qui préfère se rabattre sur les produits proposés au marché hebdomadaire. Selon lui, ce sont les mêmes articles que ceux présentés dans les vitrines, avec un prix supérieur, défiant toute concurrence.
«Depuis qu'on a éradiqué le commerce informel, on n'arrive plus à habiller correctement nos enfants; les prix sont excessifs dans les boutiques», s'indigne-t-il. Nacer, cadre chez Naftal, ne cesse de parcourir depuis trois jours, avec son petit garçon, toutes les boutiques spécialisées dans l'habillement pour enfants dans l'espoir de dénicher un article de bonne qualité, fabriqué en France ou en Turquie, mais en vain. Il a finalement décidé de faire ses emplettes à Aïn Fakroun, dans la wilaya d'Oum El Bouaghi. Autre problème pour les ménagères. Durant la dernière décade du mois sacré, celles-ci se ruent sur les magasins et autres épiceries pour acquérir les ingrédients nécessaires à la préparation des fameux gâteaux traditionnels pour célébrer l'Aïd, mais malheureusement les prix sont prohibitifs.
Les commerces spécialisés en ces ingrédients ont tous augmenté leurs prix au vu de la forte demande. Malgré tout, certaines femmes sont prises d'une véritable frénésie d'achat. Elles font le plein d'amandes, de noix, de cacahuètes et autres fruits exotiques. Une dame, enseignante de son état, que nous avons rencontrée dans l'un de ces magasins, fera quand même le commentaire suivant : «Avec cette flambée inexplicable des prix, d'ici quelques années la tradition disparaîtra complètement.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakehal samir
Source : www.elwatan.com