
Le jeune Hicham, un élève en terminal attend de suivre son cour de maths avec d'autres camarades sous une pluie battante devant le portail d'un garage. En cette journée de samedi, ce lieu d'infortune sans commodités ne désemplit pas.L'enseignant, quant à lui, est un chevronné ayant enseigné dans plusieurs lycées de la ville de Tébessa. Il est trop sollicité. Depuis les vacances d'été, il affiche complet et refuse d'accepter davantage d'élèves.Le phénomène des cours particuliers, qui prend de jour en jour un essor extraordinaire, est entré dans les m?urs de la société algérienne. Certains parents, par manque de moyens, refusent de recourir à ce type d'enseignement. Ils pensent que ces cours représentent un empiétement sur le temps de repos de l'élève.D'autres, affirment au contraire que leur progéniture ne peut plus s'en passer parce qu'il leur permet d'assimiler les nouvelles leçons, qui sont généralement refaites pendant ces cours. Tébessa, wilaya par excellence des cours particuliers, connaissait cette pratique interdite par la loi depuis les années 80. A cette époque les cours de renforcement payés ne concernaient que les élèves de terminal éprouvant des difficultés importantes, notamment en maths ou en physique. Aujourd'hui, la contagion s'est généralisée. Elle est passée aux élèves des paliers moyen et primaire. Les parents dépensent des sommes mensuelles allant de 3000 DA à 5000 DA par enfant rien que pour leur assurer une réussite à la fin de l'année. Cette activité demeure très lucrative pour ces enseignants dont la majorité travaille dans le secteur public. Certains enseignants sont qualifiés de «mercantilistes» car ils dispensent des cours particuliers chez eux contre 1000 DA la séance.En vue de gagner encore de l'argent, d'autres sont allés très loin en forçant leurs élèves à s'inscrire à des cours à domiciles, condition pour obtenir de bonnes notes. C'est le cas de Mohamed Saned «Comme mon niveau de Français est très faible, mon professeur a exercé une forte pression sur moi pour que je m'inscrive à ses cours payants. Depuis, la moyenne est assurée», a-t-il ironisé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakehal samir
Source : www.elwatan.com