Tebessa

Constitution du stock de pomme de terre : Cahiers des charges, assurances et contrôles réguliers



Afin d'atténuer progressivement de la fluctuation des prix à la consommation de certains produits agricoles de large consommation telle la pomme de terre, et pour éviter d'autres crises qui ont engendré des prix records avoisinant les 75 DA le kilo, le gouvernement vient de décider la mise en place d'un nouveau système de régulation des produits agricoles de large consommation (SYPRALAC) qui s'articule autour de deux opérations essentielles.

Primo, la constitution d'un stock national de consommation de 150.000 tonnes à travers le territoire national et ce, suite à la mobilisation de l'ensemble des opérateurs privés et publics et deuzio, la fixation du prix de référence à 20 DA le kilo servant de base de calcul à toutes les opérations qui lieront d'un côté le ministère de l'Agriculture et du Développement rural et de l'autre les stockeurs qui souhaiteraient faire partie de ce système.

Dans l'immédiat, l'opération, lancée le 10 du mois en cours et devant s'étaler jusqu'au 15 août, portera sur l'identification et la constitution des stocks. A cet effet, les stockeurs potentiels, à savoir les entreprises publiques et privées, les institutions, les coopératives et les agriculteurs, disposant de capacités de conservation, sont invités à se rapprocher des services agricoles de leurs wilayas de résidence afin de retirer des spécimens d'engagement, la convention cadre ainsi que les cahiers des charges.

De son côté, la DSA procèdera à une visite d'inspection des infrastructures proposées afin de vérifier l'état des équipements en présence de techniciens et de représentants de la CRMA pour l'établissement d'un procès-verbal.

En cas d'acceptation de l'offre, un acte notarié sera signé entre le stockeur et la DSA de même que la signature par les deux parties de la convention et du cahier des charges.

Ensuite, le stockeur bénéficie d'une police d'assurance auprès de la CRMA et dont le paiement sera ordonné par la DSA. Une fois toutes les modalités accomplies, le stockeur est tenu de communiquer quotidiennement à la DSA toutes les données concernant la constitution du stock à savoir les quantités et la provenance du produit. Sur la base des données recueillies auprès de tous les stockeurs de la wilaya, la DSA établit un état des lieux sur l'évolution du stock qu'elle transmet régulièrement aux directions centrales chargées du suivi de cette opération.

Parallèlement, la DSA procède à un contrôle hebdomadaire des aires de stockage. Pour le paiement, il est confié à la CRMA qui verse mensuellement le montant sur la base d'une décision de la DSA.

En plus de l'objectif de constitution de stocks à consommer en cas de baisse de production, et dans l'attente de la récolte de saison, ce dispositif s'assigne comme autre objectif de sécuriser le producteur et ses productions futures.

Cette nouveauté vient à point nommé pour assurer les agriculteurs qui sont versés dans la pratique de la pomme de terre d'autant que si, pour le citoyen consommateur, le prix de 25 DA est relativement abordable, il n'en demeure pas moins que le producteur a été grandement pénalisé par l'abondance qui a caractérisé la récolte 2008 du fait que dans certaines régions du pays, il a du brader sa production jusqu'à 7 DA le kilo.

Cette situation rappelle celle vécue il y a trois ans, lorsque d'importantes quantités de pomme de terre ont été carrément détruites au niveau de la wilaya de Aïn Defla, une région connue pour être grande productrice de pomme de terre mais où ce produit n'a pas trouvé preneur, même à des prix dérisoires. Du coup, ces mêmes agriculteurs ont littéralement changé leurs plans de culture pour la saison d'après engendrant ainsi un manque flagrant de la pomme de terre. Cette situation de rareté a fait que les prix ont augmenté pour atteindre des records.

Même le recours à l'importation n'a pas eu l'effet escompté du fait que cette alternative n'a fait qu'ouvrir l'appétit aux milieux spéculateurs qui ont saisi cette opportunité pour imposer leur diktat.

Pour cette année, suite à la tension qui a régné durant 2007 autour de ce légume, dans plusieurs régions du pays, le retour à la culture de la pomme de terre a engendré des productions satisfaisantes à l'instar de Tébessa où la surface totale cultivée était estimée à 980 hectares, dont 900 réservés à la pomme de terre saisonnière, 60 autres à la production de semences et 20 ha à la pomme de terre hors saison.

Il en est de même pour la wilaya de Ghardaïa, pourtant une wilaya où la culture de la pomme de terre n'a été introduite que ces dernières années, mais dont la surface réservée à ce légume est estimée à quelque 400 hectares de terre arables, notamment Hassi Lefhal, Mansourah, El-Meneâa, SebSeb et Metlili. Dans cette logique de retour de l'Etat en tant qu'instrument régulateur, au niveau du ministère de l'Agriculture et du Développement rural, on compte généraliser ce système à d'autres produits agricoles de large consommation une fois les conditions techniques réunies.


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