Tamanrasset - A la une

Yennayer : l'identité retrouvée



La fierté arborée par les uns et les autres lors des cérémonies consacrées à cette journée dénote une propension populaire certaine d'aller vers une authentique réconciliation, celle des origines.Au-delà du caractère festif qui, pour la première fois de l'histoire de l'Algérie indépendante, a pris une dimension nationale empreinte des solennités d'usage et célébré dans une communion parfaite aux quatre coins du pays, le 1er Yennayer 2 968 n'est-il pas, aussi, ce ciment qui manquait tant à notre cohésion sociale ' Triomphe citoyen plutôt qu'une inclination du pouvoir central à remédier à ses propres échecs notamment dans la reconnaissance identitaire et civilisationnelle, censurée depuis 1962, la consécration du jour de l'an berbère journée chômée et payée à partir du 12 janvier 2018, sonne le glas, en quelque sorte, des officines de la division et du régionalisme infâme.
L'image harmonieuse qu'ont donnée les Algériens de Maghnia à Tébessa et de Tipasa à Tamanrasset constitue, en effet, une réponse cinglante aux détracteurs du combat pour l'amazighité et le recouvrement d'une identité ostracisée. La fierté arborée par les uns et les autres lors des cérémonies consacrées à cette journée, dénote une propension populaire certaine d'aller vers une authentique réconciliation, celle des origines. Et pour une fois, peut-être, "le zèle" des pouvoirs publics, qui ont accompagné sans la moindre réticence et en ne lésinant guère sur les moyens quant aux festivités organisées partout dans le pays, a été accueilli avec autant de satisfaction.
Offrandes de Yennayer pour ces derniers, afin de se réconcilier, à leur tour, avec leurs sujets autour de l'histoire multimillénaire qui lie les Algériennes et les Algériens. Le patrimoine commun, reconnu et célébré intra-muros, jusque-là, a fini donc par conquérir l'espace public non sans avoir ressoudé les liens d'appartenance à une même culture entre différentes strates de la société. L'implication positive des autorités et la main levée sur l'expression publique de ce legs ancestral dans toute sa plénitude, signifiée à cette occasion, sont à saluer, même si une sorte de "folklorisation" a, quelque peu, entaché la propagande faite autour de l'événement. Un péché mignon que l'on se contentera, cependant, de comptabiliser au titre des carences propres à l'originalité de l'acquis. Et d'acquis, la dimension républicaine portée déjà par la longue lutte pour la reconnaissance identitaire, dont tamazight est le socle indissociable, vient d'être traduite par la symbiose qui a embelli toutes ces images d'allégresse qui ont marqué cette fête populaire parmi les plus anciennes de l'humanité et dont tous les Algériens se réclament aujourd'hui. Yennayer qui symbolise le rapport de l'homme à la nature, aura été en cet an de grâce 2968, le réceptacle de la communion entre l'homme et son prochain dans une Algérie qui peine toujours à se réconcilier avec elle-même.
Il est d'ailleurs annonciateur d'autres nouveautés à l'image de la loi organique portant création de l'académie algérienne de la langue amazighe selon le v?u du chef de l'Etat lui-même qui a enjoint le gouvernement de ne ménager aucun effort pour la généralisation de l'enseignement et de l'usage de tamazight. Puisse Yennayer demeurer un facteur d'union pour la nation et le dénominateur commun des Algériens pour conquérir davantage d'espaces démocratiques et de liberté !
Kamel Ghimouze
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