Le climat des émeutes dans le Sud semble s?installer et se répandre de façon inquiétante dans cette région du pays qui subit les affres de l?adversité dans ses multiples facettes. Les aléas climatiques : la sécheresse, d?un côté, et les pluies diluviennes, de l?autre, qui se transforment souvent en cauchemar pour les populations locales comme on l?a encore vu avec les dernières intempéries qui avaient affecté la wilaya de Tamanrasset. La mauvaise gouvernance a fait le reste. Ainsi va la vie dans les wilayas du Sud qui sont doublement pénalisées : victimes d?un destin, naturel d?abord - un destin que les hommes du désert n?ont pas choisi - et victimes ensuite de l?oubli des politiques de développement qui se sont succédé depuis l?indépendance. Il y a quelques jours, un bureau d?études sud-coréen présentait à Alger une série de maquettes de projets futuristes pour la capitale. Pour désenclaver le Sud, on avait pensé relier la capitale aux confins du Sud, Tamanrasset, au moyen d?un train à très grande vitesse (TGV). Ainsi donc, les solutions et les idées existent pour vaincre les distances et le sous-développement chronique qui caractérisent cette partie de l?Algérie. On se rappelle tous la célérité avec laquelle les pouvoirs publics avaient réagi lors des chaudes journées d?émeutes qui avaient émaillé certaines wilayas du Sud, notamment Ouargla, où les jeunes chômeurs avaient mis à sac la ville pour protester contre le recrutement extrawilaya de la main-d??uvre - du nord du pays - par les sociétés implantées dans la région au détriment de la main-d??uvre locale en proie à un chômage endémique. Des ministres furent dépêchés dans la wilaya pour calmer les esprits avec pour mission de réglementer le marché du travail. Le calme était revenu. Mais pour combien de temps ? Les difficultés que rencontrent les populations du sud du pays, qui vivent en marge du développement, touchent à tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle, participative pour espérer pouvoir améliorer le quotidien des populations à travers des politiques de développement qui confinent l?intervention de l?Etat dans un rôle de pompier. Les populations du Sud plus que celles du Nord manquent de tout et souvent même de l?essentiel. Des plans de développement spéciaux lancés à grands frais furent engagés sans résultats tangibles. L?injustice est autrement plus douloureusement vécue encore quand on sait que ces populations sont exclues des bienfaits des richesses naturelles du pays générées par les champs pétrolifères du Sud. Villes-derricks, c?est l?image éternelle et déshumanisée que renvoient les wilayas du Sud.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Bensalem Sofiane
Source : www.elwatan.com