Tamanrasset - A la une

Une industrie en quête de stratégie et de volonté politique



Les coûts exorbitants des projets lancés dans le cadre de la nouvelle stratégie énergétique basée sur le développement des énergies renouvelables risquent de compromettre les engagements pris par l'Algérie quant à la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. C'est du moins l'avis des experts qui ?uvrent à trouver des solutions aux problèmes sur lesquels bute cette industrie, qui se propose une véritable alternative permettant à l'énergie solaire d'apporter sa contribution à hauteur de son immense potentiel, comme c'est déjà réalisé dans plusieurs wilayas du pays, dont Tamanrasset, où l'éclairage public de son chef-lieu est assuré par des lampadaires solaires et du photovoltaïque.Même constat dans certaines exploitations agricoles de cette région saharienne, où le pompage de l'eau est également assuré par des stations de pompage classiques hybridées pour les faire fonctionner à l'énergie décarbonnée. Cependant, le manque d'investisseurs et d'entreprises de maintenance est à signaler, notamment dans le Grand-Sud, par le fait que ce dernier est considéré comme l'un des plus importants gisements d'énergie solaire avec une durée d'insolation allant jusqu'à 3 500 h/an et une irradiation journalière oscillant entre 3 000 et 6 000 Wh/m², soit l'équivalent de 10 fois la consommation mondiale, selon les statistiques en notre possession.
Rappelons que ce problème a été souligné, tout récemment, par le ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels lors de son dernier passage à Tamanrasset où il a insisté sur l'adaptation des programmes de formation aux besoins du marché local et aux opportunités d'emploi offertes par le secteur énergétique, particulièrement dans le Sud où sont prévus d'importants projets énergétiques.
Cependant, les lenteurs constatées dans le démarrage de ces projets, en raison de leur aspect dispendieux, rendent cette industrie très lourde et totalement réservée à une minorité d'investisseurs, a-t-on constaté. Il est utile de noter que la stratégie énergétique de l'Algérie, qui repose sur l'accélération du développement de l'énergie solaire, porte essentiellement sur la réalisation de projets solaires photovoltaïques d'une capacité totale d'environ 800 mégawatts crête d'ici à 2020. D'autres projets d'une capacité de 200 MWc par an devraient être réalisés sur la période 2021-2030, ont indiqué des spécialistes en énergie, qui ont tenu à préciser qu'actuellement 14 wilayas du pays, notamment celles du Sud, sont dotées de centrales d'énergie renouvelable d'une capacité de 343 MW chacune.
Le programme national de développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique vise la mise en service d'une capacité de production d'énergie renouvelable de 47 à 51 TWh à l'horizon 2030, ce qui représente 37% de la capacité installée et 27% de la production d'électricité destinée à la consommation nationale avec une possibilité d'exportation allant jusqu'à 10 000 MW, particulièrement vers les pays de l'Afrique subsaharienne où le coût de production de l'électricité est de l'ordre de 0,20 à 0,50 USD/kWh, ce qui est très élevé en comparaison avec la moyenne mondiale qui se situe autour de 0,10 USD/kWh.
Ce coût élevé, indique-t-on de même source, peut s'expliquer par de nombreux facteurs, dont la vétusté des infrastructures de production, les difficultés d'accès au combustible fossile ? qu'il s'agisse de l'importer ou de le transporter dans des endroits parfois reculés ou isolés ? et le coût élevé de l'accès aux capitaux. À l'ensemble de ces facteurs vient s'ajouter le fait que les populations sont logiquement conduites à faire appel à des solutions de substitution, notamment des groupes électrogènes pour pallier les insuffisances constatées en cette énergie vitale. Ces solutions de substitution répondent à un besoin spécifique, mais produisent une électricité plus onéreuse que les infrastructures prévues à cet effet.

RABAH KARECHE
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