
L' achoura est l'une des fêtes religieuses et traditionnelles la plus célébrée dans le sud du pays. La population locale saisit l'occasion pour faire la fête et renouer avec les traditions ancestrales de la région. Les rituels d'avant restent toujours vivaces dans la mémoire des anciennes générations. « Cette fête est célébrée avec l'eau d'abord. Le vieux dicton touareg dit bien "amen d'imen" (l'eau, c'est la paix). Les jeunes hommes jettent de l'eau sur toutes les femmes qu'ils trouvent à l'extérieur de leur foyer. En réalité, cette tradition est destinée aux femmes célibataires. C'est l'occasion pour leur souhaiter de trouver le prince charmant. Intimidées, les femmes évitent, d'ailleurs, de se retrouver dans la rue ce jour-là », nous raconte un habitant de Tamanrasset, la cinquantaine. Le soir, après avoir fini de fabriquer un grand ballon rond en cuir, les hommes le traîner à l'aide de longs bâtons en bois jusqu'à l'oued où sont regroupées les femmes. Belles dans leur tissaghness, tenue traditionnelle des Touaregs, ces femmes chantent et lancent des youyous fêtant l'arrivée de ce ballon chez elles. Les hommes donnent le ballon aux femmes, qui se chargent de bien l'accueillir dans la grande joie. La fête est terminée, les femmes remettent le ballon aux hommes qui le traînent de nouveau avec des bâtons jusqu'à la ville. La veille d'el achoura, la fête est organisée dans la rue. Le bruit fort et assourdissant du « baroud » est un appel à la participation à cette grande fête où on peut voir hommes et chameaux se partager les lieux. « C'est une tradition qui se fait dans la spontanéité totale. Les troupes locales se chargent de l'animation de cette fête à laquelle tout le monde est associé. » Le lendemain, c'est laftet (des bouts de pâte), qui circulent dans les quartiers. Ce sont les enfants qui font circuler ces laftet de maison en maison, entre les voisins, les cousins et les amis. Symbole de partage et de réconciliation. Malheureusement, aucune de ces traditions n'a été perpétré jeudi dernier dans les ruelles de cette ville qui est en train de s'agrandir sans âme. Ni les gens du tourisme, ni les responsables locaux et encore moins les animateurs du festival des arts de l'Ahaggar n'ont fait quoi que ce soit pour relancer cette tradition. Ceci intervient au moment où on parle de la promotion de l'activité touristique alors que la Sbiba chez les Touaregs de Djanet bat son plein. Pourtant, l'évocation des fêtes traditionnelles est l'un des moyens souvent évoqués pour faire venir les touristes.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.horizons-dz.com