Tamanrasset

Un peu de silence, messieurs



Un peu de silence, messieurs
Les promesses, engagements et décisions se multiplient en ce moment. Une fièvre de la parole semble s'être emparée des membres du gouvernement et de certains directeurs généraux. Des déclarations à l'emporte-pièce font office de débats politiques. On parle parce que l'on doit combler un vide. Un vide car aucune idée sérieuse n'est donnée à l'opinion pour que le débat soit serein.
Ainsi nous avons le ministre du Travail qui promet un emploi pour tous mais qui regrette que l'administration n'applique pas les directives et les instructions. Les Algériens finissent par se demander puisque ce n'est pas le ministre qui dirige l'administration, y a-t-il une main de l'étranger qui le fait '
D'un autre côté le secrétaire d'Etat à la Communauté nationale à l'étranger doit sûrement considérer que les systèmes de formation en Europe et dans les autres pays arabes ne sont pas bons. Il a ainsi décidé de faire profiter nos enfants qui vivent à l'étranger de l'excellence de notre système de formation professionnelle. Cette tendance à se préoccuper de notre communauté émigrée a atteint également le ministre de l'Habitat. Ce dernier pense à réserver un quota de logements à cette frange de la société. Une autre ministre nous promet la 3G et plus si affinités, mais à condition que son collègue des finances finalise le rachat des actions ayant appartenu aux Sawaris avant trois semaines.
Mais le ministre des Affaires religieuses est celui qui fait le pire du pire. L'agitation au Sud l'a sûrement sorti de sa torpeur et les réductions d'Air Algérie et de Tassili Airlines l'y ont peut être aidé. Ainsi et pour ne pas être en reste de ses collègues du gouvernement, il a décidé d'organiser un séminaire sur «Le rôle de l'islam dans la préservation de l'unité nationale» et à Tamanrasset. Le choix du lieu et du thème suppose que nos concitoyens du Sud ont demandé une autonomie ou leur indépendance.
A trop vouloir communiquer, les membres du gouvernement brouillent les messages et poussent les gens à la révolte. Des erreurs qui se rapprochent de la faute sont continuellement commises au nom d'une surconsommation de l'information. Des populations entières se sentent méprisées sans que cela soit la faute, encore une fois, d'une presse qui manque d'objectivité et de professionnalisme.
La règle, lorsque l'on n'a rien à dire, est de se taire. Vouloir faire à tout pris la une du 20 heures ne sert ni la politique que le gouvernement défend ni l'unité nationale à laquelle est attachée la population du pays, qu'elle soit du Sud ou du Nord. Alors messieurs du gouvernement, les promesses ont été faites lors de la campagne électorale. Il s'agit simplement de les réaliser et de profiter d'un peu de silence.
A. E.
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