Trois semaines après l'attentat qui a ciblé le groupement de la gendarmerie de Tamanrasset, le 3 mars, la population locale sinistrée se trouve toujours abandonnée à son triste sort. 'Les responsables locaux nous ont rendu une visite éclair au deuxième jour de l'attentat. Depuis, ils ne sont plus revenus et aucun d'entre eux ne s'est soucié du sort des familles sinistrées. Nous sommes renvoyés aux calendes grecques. Les habitants qui gardent de graves séquelles de cet acte terroriste sont sérieusement consternés et affectés à l'heure où l'on continue de briller par l'indifférence', déplore un habitant, marchand de son état, Benharkam Abdelaziz, la cinquantaine, a fait savoir que 'les portes et les fenêtres de ma maison ont volé en éclats. Le choc engendré par l'explosion a rendu inhabitable notre maison décrépite et déjà fragilisée par le poids des années'.
Le même constat a été fait chez son voisin qui habite chez son frère. Mais ce qui nous a frappés le plus est le cri de détresse lancé par Hamdani Youcef, un enfant de 12 ans qui souffre de la continuation des vaines rencontres avec les psychologues de l'établissement hospitalier d'Amechouen qui n'arrivent pas à lui faire oublier cette tragédie et le choc ayant troublé sa maman qui a failli y passer de justesse. 'Cela fait plus d'une semaine que je ne suis pas allé à l'école à cause de ces ennuis qui hantent mon esprit'.
En l'absence de ses parents, il a parlé en adulte pour sonner le tocsin face à la situation problématique qu'il endure depuis l'attaque. Contacté par nos soins, le président de l'APC de Tamanrasset, Benmalek Ahmed, a démenti ces dires en expliquant qu''au lendemain de l'attentat, une commission technique a été dépêchée sur les lieux avec pour objectif de recenser les sinistrés et d'enregistrer le nombre d'habitations qui se sont écroulées. L'opération, menée en collaboration avec les services compétents, nous a permis de monter un dossier de prise en charge où figurent les véritables sinistrés de l'attentat afin de pouvoir dégager la somme d'argent nécessaire aux travaux de réhabilitation en plus de l'enveloppe financière qui a été récemment allouée dans le cadre du programme de réhabilitation de l'habitat précaire au profit de la cité de Tahaggart'. Pour sa part, le SG de la daïra de Tamanrasset a assuré que 'le dossier des sinistrés du dernier attentat est transféré au ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales. Toutefois, nous regrettons les agissements de certains opportunistes qui ont procédé à la démolition volontaire de leurs bouges pour se faire passer pour des sinistrés. C'est désolant. Nous n'allons pas citer les noms mais on a convoqué les concernés un par un pour les avertir et les tenir informés des conséquences qui peuvent découler de leur comportement'. À la Direction de l'action sociale et de la solidarité (DASS) de la wilaya, on nous a fait savoir qu'une commission composée de huit psychologues s'est rendue chez les familles sinistrées trois jours après le drame. À notre arrivée, les habitants n'ont pas caché leur déception sur ce qu'ils qualifient de marginalisation. Depuis le jour de l'explosion, ils disent qu'aucun responsable local ne s'est rendu chez eux pour voir la situation dans laquelle ils s'embourbent et les rassurer.
R K
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : RABAH KARECHE
Source : www.liberte-algerie.com