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Tinzaouatine



Tinzaouatine
Boughrara Yahia n'a que 17 ans. Résidant à Tinezaouatine, à 500 km à l'extrême sud de Tamanrasset, il a été détenu du 30 décembre 2013 au 7 janvier 2014 à la brigade de la gendarmerie de cette collectivité.Selon un proche, «Yahia a été torturé 9 jours durant pour lui faire avouer son implication dans une affaire d'agression à main armée.» Tout serait parti lorsque les éléments de ce corps de sécurité ont perquisitionné la maison de Yahia, le 4 décembre 2013 vers 18h. Notre source raconte : «Ils ont forcé la porte de la maison sans même présenter le mandat de perquisition.» Ils se sont permis, poursuit-elle, de fureter dans le coffre contenant les bijoux et les papiers de la famille. Ils ont pris la carte d'identité de Yahia ainsi que celles de sa mère et de sa s?ur. Après quelques jours, ces dernières se sont rapprochées du chef de la brigade en question pour récupérer leurs papiers et, du coup, demander des explications sur ce qui s'était passé.Le gendarme leur a promis de restituer les pièces d'identité, à condition de livrer les deux fils, Yahia et El Hocine, qui nomadisaient dans le désert. Le 30 décembre 2013, la mère et deux membres de la famille ont fait ce qu'on leur avait demandé en livrant uniquement Yahia, l'autre fils étant toujours absent. «On lui a assuré de le relâcher si rien n'est prouvé contre lui», précise la même source. Toutefois, le gendarme n'a pas respecté son pacte. Neuf jours passés dans les locaux de cette institution sans avoir aucune nouvelle de lui. Inquiète, la maman s'est déplacée à la brigade pour voir son fils et s'enquérir de son état, mais on lui a dit qu'il avait été relâché au lendemain de son arrestation. Ce qui a poussé le frère aîné à aviser le procureur de la République près le tribunal d'In Guezzam, dont dépend judiciairement la commune. Ce dernier n'était au courant ni de l'affaire ni de la perquisition effectuée. Peu après cette rencontre, Yahia donne miraculeusement signe de vie. Depuis son téléphone portable, il a appelé son frère pour le réconforter de sa relaxation et parallèlement lui relater les jours de séquestration passés «sous la torture».Le jeune s'est fait consulter par un médecin de l'établissement public de santé de proximité de Tinzaouatine, le 8 janvier 2014. L'examen clinique fait état de plusieurs coups et traces de violence. Des ecchymoses sur le visage, des écorchures aux membres inférieurs et supérieurs et de nombreuses ulcérations ont été ainsi mentionnés dans le certificat médical, dont nous détenons une copie. «Yahia souffre d'une dépression majeure et nécessite une prise en charge psycho-médicale. Une plainte a été ainsi déposée auprès du procureur de la République et un rapport détaillé sur cette affaire a été adressé à la Ligue nationale de défense des droits de l'homme dans le but de mettre un terme à ces exactions», souligne une autre source en charge du dossier.Et de renchérir : «La tension est à son comble à Tinezaouatine, où les habitants semblent de plus en plus excédés par ces abus. La situation risque de dégénérer, d'autant plus que ce n'est pas la première fois que les jeunes font l'objet d'exactions, à l'exemple de ce qui s'était passé en 2007 lors de la répression d'un sit-in organisé par les habitants devant le siège de la daïra et où il avait fallu l'intervention des notables de la région pour éviter le pire.» Du côté de la gendarmerie, aucune information n'a été avancée à ce sujet, en se contentant de dire qu'«une enquête a été diligentée pour connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire.»


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