Cheikh Amed Ighibba, chef des tribus dites At lawayen, vient de lancer un énième appel de détresse à l'endroit des hautes autorités du pays, où il dénonce 58 ans de marginalisation et d'ostracisme.Avec des pics de chaleur dépassant les 50°C en plein soleil, Tin Tarabine, un village situé aux confins de Tazrouk, localité sise à 300 km du chef-lieu de wilaya de Tamanrasset, s'adjuge irréprochablement le titre d'un pandémonium terrestre. Une véritable géhenne où la canicule associée à l'éternel problème d'électricité font vivre aux villageois l'enfer dans toute sa fureur. Ce ne sont surtout pas les deux groupes électrogènes fonctionnant entre 3 et 4 heures par jour qui vont délivrer les habitants de cette fournaise, se lamente Cheikh Amed Ighibba, chef des tribus de Tin Tarabine, dites At lawayen, qui vient de lancer un énième appel de détresse à l'endroit des hautes autorités du pays où il a dénoncé 58 ans de marginalisation et d'ostracisme.
Sur ce point, il n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : "En 2020, il existe encore des villages sans électricité et sans la moindre commodité de vie, c'est juste scandaleux ! Nos responsables qui profitent allègrement du confort des bureaux climatisés doivent penser aux personnes âgées qui décèdent quotidiennement par déshydratation sous l'effet de l'intenable chaleur ou encore aux malades chroniques qui sont contraints de conserver leurs médicaments à des températures insupportables.
Nous vivons en paria et souffrons comme de véritables damnés de la terre." Pour se rendre à Tin Tarabine, il faut impérativement louer un 4X4 pour pouvoir s'aventurer dans un itinéraire quasiment impraticable en passant par Tim Ekendout, Aït Ouklane, Ahtes, Inezzoul et Tirarine, toutes des localités qui forment ensemble l'esquisse d'une zone profondément frappée par l'indigence et la misère. "On parle d'un ambitieux programme destiner aux zones d'ombre, mais nous n'avons rien vu de concret.
Le paradis qu'on nous a promis avant les élections n'est finalement qu'un miroir aux alouettes. Sans l'électricité et la route, les promesses de développement ne tiennent plus et s'avèrent mensongères", peste Chekh Amed, en évoquant, au passage, le projet de revêtement de la route reliant le village de Tahifet au chef-lieu de la commune de Tazrouk sur 140 km auquel des budgets colossaux ont été alloués, mais qui demeure à la traîne depuis des lustres. Pour notre interlocuteur, la défectuosité du réseau routier aura contribué à l'isolement dont souffrent l'ensemble des villageois. Les transporteurs refusent souvent de desservir ce village. Les quelque rares téméraires qui acceptent de s'y rendre exigent des courses à des prix exorbitants. "Sincèrement, les qualificatifs ne suffiront pas pour décrire nos souffrances quotidiennes. Aucun classement ne correspondant à cette zone paupérisée depuis d'indépendance.
Pour ne citer que cet exemple, les subventions accordées par l'Etat dans le cadre d'aides à l'habitat rural ne couvrent que les frais de transport des matériaux", nous confie, pour sa part, Mouloud Ourzig, avant d'égrener un chapelet peu reluisant sur la situation des éleveurs de cette région qui dispose d'énormes potentialités agricoles.
Pour lui, la rengaine relative à la promotion de l'agriculture ne passionne plus les habitants qui s'interrogent sur l'utilité et le rôle de la Direction des services agricoles de la wilaya. "Nous disposons de toutes les potentialités d'un secteur prometteur. Nous ne demandons pas la lune, mais juste les moyens nous permettant de vivre et d'exister", a renchéri Mouloud en rejetant l'idée d'être perpétuellement considéré comme citoyen de 4e zone dans une Algérie promise au changement auquel aspire tout le peuple.
RABAH KARECHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah KARECHE
Source : www.liberte-algerie.com