Les mesures prises par l'Algérie en matière de gestion de l'économie de l'eau ont, selon le ministre des Ressources en eau, porté leurs fruits. Aujourd'hui, notre expérience est devenue une référence dans le bassin méditerranéen.
C'est ce qu'a affirmé Abdelmalek Sellal lors de l'émission "Akthar min midjhar" de la Radio nationale. Le ministre débonnaire, connu pour son franc parler, est, tout en reconnaissant quelques insuffisances dans la gouvernance du précieux liquide, fier de cette expérience qu'il aura à mettre en avant au prochain congrès mondial de l'eau qui se tiendra à Marseille en mars prochain.
Il s'agit, selon le ministre, d'un rendez-vous important, dans la mesure où le modèle algérien intéresse beaucoup de pays, notamment ceux de la rive sud de la Méditerranée. 'Après avoir usé des moyens conventionnels en recourant aux forages, nous sommes passés dans une seconde étape au dessalement de l'eau de mer tout en concentrant de gros efforts dans la réalisation de barrages. Cette politique a permis d'alimenter la majorité des citoyens en eau potable. Aujourd'hui, on peut affirmer que la crise vécue durant des années est derrière nous. Les barrages du pays sont actuellement à trois quarts remplis pour assurer un approvisionnement régulier de la population', rassure-t-il et d'ajouter que 'l'expérience algérienne, approuvée par les grandes réalisations, notamment le mégatransfert de In Salah à Tamanrasset (775 km), considéré comme le plus grand dans le monde, a été retenue par l'ONU et sera mise en consultation dans un document spécial à l'occasion de la tenue d'un forum qu'organisera l'Organisation de la Conférence islamique à Istanbul.' Dans le même ordre d'idées, Sellal a évoqué la question relative au partage de l'eau par les trois pays voisins (Algérie, Tunisie, Libye) et qui s'inscrit dans le cadre du plan stratégique de l'exploitation commune des nappes phréatiques et albiennes de cette région.
À la question de savoir pourquoi, en dépit des assurances données par son secteur sur la disponibilité de l'eau, on continue à enregistrer des mécontentements quant aux coupures intempestives et récurrentes, parfois plusieurs jours durant, privant les populations du liquide vital, Sellal accuse directement certaines communes non couvertes par l'ADE et dont la distribution reste du ressort de la municipalité. 'L'ADE alimente environ 900 communes sur 1 541 que compte le pays. Il se trouve que les municipalités, par souci d'économie d'énergie, ne font fonctionner les pompes que durant quelques heures par jour, ce qui génère le problème que nous connaissons, bien que les réclamations sont de moins en moins fréquentes', explique le ministre, et de porter un doigt accusateur sur ces communes réfractaires au payement des redevances. 'C'est parce qu'il y a des mauvais payeurs que les prix de l'eau augmentent. Si tout le monde s'acquittait de ses factures, les prix seraient stabilisés. Mais comme les rentrées ne couvrent pas les frais du matériel et d'entretien, le problème continue à se poser', précise le ministre en reprochant à ces communes une carence dans la gouvernance de l'eau. Sur un autre plan, il reconnaît que le problème des fuites, qui a jusque-là coûté une grosse facture au secteur, connaît une très grande avance dans son traitement.
Oued El-Harrach bientôt un lieu de détente
La réhabilitation de l'oued El-Harrach continue son petit bonhomme de chemin, et les études sont en voie d'achèvement par un BET coréen, a déclaré Sellal. 'Les travaux d'assainissement seront bientôt lancés et l'oued, une fois ces derniers terminés, sera un véritable lieu de détente. L'assainissement concerne, dans une deuxième étape, une longueur de 18 km. Pour le moment, il y a des opérations pour camoufler les mauvaises odeurs', indiquera le ministre avant de faire observer que 'les industriels qui déversent leurs déchets dans l'oued sont tenus désormais de réaliser des stations de traitement d'eaux usées.' Sellal a tenu enfin à rassurer les ménages que l'eau qui arrive dans leurs robinets est d'une bonne qualité et conforme aux normes internationales.
Mais il se garde d'avaliser les eaux en bouteille mises sur le marché par un grand nombre de producteurs et qui, selon le ministre, ne signalent toujours pas les indications données comme étant des eaux minérales. Ces dernières, explique-t-il, 'doivent avoir des qualités thérapeutiques, ce qui n'est pas le cas pour un très grand nombre de marques actuellement sur le marché. Ce sont des eaux de table et non minérales.'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Farès
Source : www.liberte-algerie.com