Tamanrasset

SELLAL HAUSSE LE TON à PARTIR DE TAMANRASSET



SELLAL HAUSSE LE TON à PARTIR DE TAMANRASSET
De notre envoyé spécial à In Salah etàTamanrasset, Kamel AmarniLe Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a réaffirmé fortement jeudi dernier à partir de Tamanrasset, la fermeté de l'Algérie face au terrorisme. «Nous ne voulons plus revivre l'enfer des années quatre-vingt-dix. La sécurité et la stabilité sont ce que nous avons de plus précieux. Les choses ne sont pas si simples et il faut accepter quelques restrictions.» Sellal s'exprimait, ainsi, devant les représentants de «la société civile» de la wilaya de Tamanrasset.Profitant donc de sa présence dans cette vaste wilaya du Grand Sud, qu'il a choisie comme sa destination, ce jeudi, dans le cadre de sa tournée de campagne électorale, le Premier ministre avait manifestement bien préparé ses messages autour des questions de sécurité.En fait, et comme il fallait s'y attendre, beaucoup d'intervenants lors de la rencontre avec «la société civile» ont insisté sur la revendication de la réouverture des frontières entre l'Algérie et le Niger pour permettre la reprise de la principale activité économique dans la région, le commerce du troc. Mais sur cette question précisément, point de populisme cette fois et la réponse de l'Etat fuse, cinglante et sans ambages par la voix du chef de l'exécutif : «Nous sommes bien conscients que la fermeture des frontières a provoqué un recul de l'activité économique et touristique dans la région», concédera Sellal. Avant d'ajouter, très clairement, que «néanmoins, par souci de préserver la sécurité et la stabilité du pays, nous sommes dans l'obligation de prendre cette décision. Vous connaissez tous la situation dans la région, et dans les pays voisins. Il y a encore de nombreux groupes terroristes dangereux qui sévissent dans ces pays».Pour le Premier ministre, l'Algérie, qui a consenti d'énormes sacrifices pour venir à bout de la terreur terroriste, ne compte plus revivre ces années cauchemardesques et invite les habitants des régions frontalières à faire preuve de compréhension. «Il faut accepter certaines restrictions et la fermeture de nos frontières est une décision prise dans l'intérêt de la nation. On ne joue pas avec la sécurité et la stabilité du pays. Le terrorisme est le premier problème qui interpelle tous les pays du monde. Notre Armée nationale populaire est déployée le long de nos frontières, sur pas moins de 8 000 km. Et croyez-moi que toutes ces frontières sont un véritable bouclier d'enfer.»Le chef de l'exécutif plaide également pour le risque zéro, en la matière. «Si on ouvre les frontières, il y a ce risque, par exemple, que des touristes étrangers qui viennent ici dans la région fassent l'objet d'enlèvement ou d'atteinte à leur intégrité physique. Outre le drame humanitaire et le risque des pertes humaines, ce serait également l'image de l'Algérie qui en pâtirait. Des attentats de ce genre contre des ressortissants étrangers auraient des conséquences dévastatrices sur l'économie nationale en ce sens que cela ferait fuir ou dissuader de venir tous les investisseurs étrangers.»Cet argument de Sellal s'inspire largement de l'affaire Tiguentourine. Il le dira lui-même d'ailleurs. «Rappelez-vous Tiguentourine : notre réaction durant cette affaire était bien réfléchie. Nous n'avons pas agi au hasard. Nous voulions donner un message clair, aux terroristes d'abord, mais aussi au monde entier que quiconque se hasarderait à porter atteinte à notre pays ne s'en sortirait jamais vivant. Nous ne ferons pas de quartier aux terroristes !»Pour rappel, la prise d'otages de la base de Tiguentourine à In Amenas, le 16 janvier 2013, la plus grande de toute l'histoire, de par le nombre, 800 otages entre nationaux et étrangers, mais aussi la sensibilité du site, rien moins qu'un site gazier que les terroristes menaçaient de faire exploser, aura abouti à un dénouement qui a stupéfait le monde entier.La réaction, inattendue et foudroyante des forces spéciales de l'ANP, a non seulement permis de libérer les otages, de protéger le site, mais aussi d'abattre l'ensemble des ravisseurs terroristes. C'était cela le message dont parlait Sellal jeudi à Tamanrasset.«L'Armée nationale populaire est une armée très forte, et est tout à fait capable de protéger le territoire national.» Pour autant, poursuivra Sellal, «l'Algérie a comme politique de ne jamais s'ingérer dans les affaires de ses voisins. Elle est prête, néanmoins, à aider ces mêmes voisins à préserver leur sécurité et leur stabilité».«Le 4 mai, un nouveau jalon pour l'édification institutionnelle»Au plan strictement politique, Abdelmalek Sellal, qui a jeté tout son poids dans la bataille de la campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain, a sillonné, jeudi, les très vastes territoires du Grand Sud.A In Salah d'abord, dans la matinée, et à Tamanrasset, ensuite, dans l'après-midi. A chaque fois, de manière directe ou indirecte, il aborde le sujet de l'élection qu'il considère comme «un nouveau jalon dans l'édification institutionnelle», faisant ainsi la promotion du rendez-vous électoral lui-même, mais aussi du «bon programme» à soutenir, celui de Abdelaziz Bouteflika. Un programme et un bilan omniprésents à toutes les étapes de chacune des sorties du Premier ministre, tout comme les portraits , les seuls d'ailleurs, qui ornent ces visites, de Abdelaziz Bouteflika.C'est exactement le même discours et le même décor qui caractérisent les sorties de campagne du secrétaire général du Front de Libération nationale Djamel Ould-Abbès, ou encore des ministres qui multiplient les visites et les activités. Certains ont même animé des meetings pour le compte du FLN, comme Abdelmalek Boudiaf, Mustapha Rehial ou encore Abdelmadjid Tebboune, qui a demandé à faire campagne dans trois wilayas, à titre de «simple militant».
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