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Procès EL Khalifa Bank



Procès EL Khalifa Bank
Steward à Air Algérie durant 20 ans, devenu chef de cabine et responsable de l'équipage à bord, Noureddine Dahmani a démissionné en 1999 pour rejoindre Khalifa Airways afin d'«améliorer sa situation sociale». Il est embauché en tant que responsable du recrutement du personnel navigant commercial (PNC), pour un salaire de 100 000 DA, après être passé par plusieurs postes. Le juge lui demande les noms des cadres dirigeants du groupe Khalifa. Dahmani répond : «Je ne les connais pas tous, mais j'en ai rencontré certains, à l'occasion d'un voyage.» Il cite : «Nanouche, Mir Ahmed, Chikhaoui Ryad dont j'ai fait la connaissance sur le vol de Séoul pour un forum des hommes d'affaires».Le juge : «Est-ce que Chikhaoui et Baichi sont ces responsables qui intervenaient pour faire recruter les enfants des dirigeants des entreprises qui plaçaient leur argent à la banque Khalifa '» L'accusé : «Durant les périodes de recrutement, il y a un monde fou. On dirait une fête. Tout le monde vient pour tenter de faire recruter un proche. C'est humain. Mais nous avions des critères qu'il fallait remplir pour être retenu. Cette rigueur m'a valu beaucoup de problèmes parce que je refusais catégoriquement les personnes imposées.»Sur sa relation avec Aziz Djamel, directeur de l'agence d'El Harrach d'El Khalifa Bank, l'accusé déclare : «Je l'ai connu lorsque j'ai déposé ma demande de crédit. J'ai vu le PDG, Moumen Khalifa, et je lui ai demandé un prêt. Je lui ai dit que j'en avais besoin en raison des problèmes que je vivais.» Le président : «Quels problèmes '» Dahmani : «J'avais commencé à construire avec mes frères, à côté de la maison familiale. J'étais l'aîné et donc responsable de la fratrie. Ils m'ont fait une procuration et la CNEP m'a accordé un crédit de 1 300 000 DA en 1991.J'ai commencé les travaux, mais j'avais du mal à rembourser. Pendant 14 ans, je vivais dans une seule pièce avec mes enfants et je n'avais que mon salaire pour rembourser. C'est pour cela que j'ai été voir Abdelmoumen. Il a accepté et signé ma demande sur place, en mettant la mention 'accordé'.» Le président lui demande s'il a apposé son cachet et l'accusé infirme, précisant que la demande de crédit n'avait pas été faite à son bureau mais à bord de l'avion, lors de son retour de Dubaï.Quelques jours après, Dahmani s'est présenté à l'agence El Harrach, vers laquelle Abdelmoumen l'avait orienté, muni de sa demande qu'il a remise à Aziz Djamel, le directeur qu'il dit ne pas connaître. Le juge : «A-t-il vérifié la signature de Moumen '» L'accusé : «Lorsque le directeur m'a dit 'reviens dans deux jours', cela voulait dire qu'il a dû contacter et vérifier auprès de Moumen. Quand je suis revenu, il m'a demandé d'ouvrir un compte à l'agence parce que tous les employés d'Airways avaient leur compte à Rouiba. Puis il m'a demandé de revenir dans une semaine. Je lui ai demandé comment faire pour la procédure. Il m'a répondu qu'il allait s'en charger.» Le juge s'étonne : «Ne vous a-t-il pas demandé de dossier '»L'accusé tente d'être plus explicite et affirme que les prêts sociaux existent dans toutes les sociétés, citant le cas d'Air Algérie où lui-même en avait obtenu un. «Le chef d'agence avait ramené ma demande où il était bien mentionné 'prêt social'. Si c'était un crédit, je ne l'aurais pas fait, car il me restait 1,8 million de dinars à rembourser», souligne-t-il. Dahmani se souvient être revenu une semaine après avoir ouvert le compte et la somme de 2,5 millions de dinars était déjà versée. «J'ai soldé la situation avec la CNEP et, avec le reste, j'ai effectué une partie des travaux de la maison familiale, pour pouvoir emménager.»Le juge : «Comment avez-vous remboursé '» L'accusé : «Je n'ai pas remboursé, parce que personne ne savait que la société allait s'arrêter d'un coup. Pour moi, lorsque le directeur de l'agence, Aziz Djamel, m'avait dit qu'il allait s'occuper de la procédure, j'ai compris qu'il allait faire une ponction sur salaire.» Le juge : «Pour moi, ce n'est pas un crédit à partir du moment où il n'y a ni dossier ni garantie. La preuve, vous n'avez pas remboursé jusqu'à ce que le liquidateur vous convoque?» L'accusé persiste à déclarer qu'il attendait que la société entame la procédure de ponction sur son salaire : «Je n'ai rien pris dans un sachet. C'est un prêt légal?»Le juge : «C'est l'argent des déposants. La manière avec laquelle il vous a été remis ressemble à une donation.» L'accusé : «Je n'ai pas été à la banque pour demander un crédit, mais c'est à mon PDG que j'ai demandé un prêt social.» Le juge : «N'auriez-vous pas pu l'avoir au niveau de Khalifa Airways '» L'accusé : «Pour moi, c'est le groupe. Il n'y a pas de différence. Lorsque Khalifa Aiways s'est arrêté, nous sommes devenus des pestiférés. Je ne peux rien faire d'autre que l'aéronautique. A Air Algérie, j'avais démissionné et je ne pouvais pas y revenir. Je suis resté quatre ans au chômage. Je n'ai pu trouver qu'un poste de démarcheur dans une société étrangère, durant deux ans, pour 30 000 DA. La société a été mise en liquidation et, encore une fois, je me suis retrouvé au chômage. Deux ans encore sans travail, avant que je ne prenne ma retraire anticipée?»Dahmani affirme qu'il continue à rembourser ce prêt au liquidateur d'El Khalifa Bank. Et de préciser : «Jamais je n'aurais pensé que le groupe allait s'arrêter brutalement. J'attendais la décision de ponction sur mon salaire. A quel titre Moumen me ferait-il une donation '» Le juge : «Pourquoi voir Abdelmoumen pour un prêt social et non pas le responsable de Khalifa Airways '» L'accusé : «J'étais dans une situation telle que si on m'avait dit d'aller le récupérer de Tamanrasset, je l'aurais fait, pour éviter l'éclatement de ma famille?» Le juge : «Personne ne conteste le fait, mais pourquoi ne pas l'avoir fait dans les règles et ne pas avoir remboursé à ce jour '» L'accusé : «Je n'en avais pas les moyens. Il n'y avait que mon salaire avec lequel je comptais rembourser.Mais la société s'est arrêtée. J'ai écrit au PDG du groupe. Si l'argent qui m'a été affecté est sorti d'une autre société que Khalifa Airways, ce n'est pas mon problème?» Le juge : «Est-ce que les travailleurs de Khalifa Airways ont obtenu des prêts de l'agence El Harrach '» L'accusé : «Je ne sais pas. Je jure que je suis de bonne foi.» Le procureur général : «Combien de responsables sont passés à la tête d'Airways '» L'accusé : «Chakib Belaili l'ancien PDG d'Air Algérie, puis Kebbach Ghazi, Tayebi Sakina et Nanouche.» «Durant cette période, il y avait deux DG à la tête de Khalifa?» L'accusé : «C'est vrai. Il y avait Nanouche et Mme Tayebi. Moi je travaillais avec Mme Tayebi qui était directrice générale de l'exploitation.»Le procureur général : «C'est une donation et aujourd'hui, vous parlez de prêt social, comme Amghar?» L'accusé : «C'est un prêt social, je n'ai pas dit donation.» Le magistrat : «Dans le dossier, nous avons de nombreux stewards recrutés par Khalifa Airways sans niveau, juste parce qu'ils sont les enfants de dirigeants d'entreprises ayant placé leur argent à Khalifa Bank.» Dahmani nie catégoriquement et le procureur général revient à la charge : «J'ai ici des pilotes qui avaient le niveau de terminale?» L'accusé réplique : «Ce sont les aptitudes qui priment sur le niveau. Il y a eu des commandants de bord avec le certificat d'études durant les années qui ont suivi l'indépendance.» L'accusé précise qu'il n'avait pas les prérogatives de recrutement des pilotes ni des stewards.


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