Tamanrasset

Malika... 13 années de lutte contre le sida avec l'espoir de le vaincre



Malika, cette femme au visage rayonnant et au sourire généreux traduisant un profond attachement à la vie, mène depuis 13 ans une lutte acharnée contre le VIH/sida. Infectée par son mari, un émigré en France, Malika a ouvert à l'APS les portes de sa maison à Tamanrasset et de son c'ur pour livrer les secrets de 13 années de lutte où se chevauchaient espoir et amertume à partir du jour où elle a su que son mari était atteint du sida.
«J'ai appris cette nouvelle quelques mois après mon mariage. Mon mari souffrait de plusieurs pathologies dont il n'a pu guérir et nous étions contraints de lui faire subir des analyses qui ont confirmé qu'il était atteint du sida. J'ai été contactée pour subir les mêmes analyses qui ont confirmé mon infection par le VIH/sida», a-t-elle rappelé. Malika raconte comment elle a appris cette nouvelle et le sentiment de désespoir qui s'était emparé d'elle, sentiment qui s'est dissipé avec le temps grâce aux séances de psychothérapie qu'elle a suivies à l'hôpital d'El-Kettar (Alger) pour apprendre à vivre avec sa maladie. Malika décide alors d'avoir un enfant, les médecins ont tenté vainement de l'en dissuader, mais au bout de neuf mois dont six passés à l'hôpital d'El-Kettar, elle accouche d'une fille qui n'est pas infectée par le VIH/sida, cas rarissime, d'autant que les deux parents en sont atteints. Aujourd'hui, la fille a dix ans et ignore tout de la maladie de sa mère qui compte bien lui en parler un de ces jours. Malika raconte aussi que ses voisins ne connaissent rien de sa maladie ni de celle de son mari précisant qu'ils étaient tous les deux originaires de Tizi Ouzou et qu'ils s'étaient rendus à Tamanrasset pour y travailler. «Si les gens savent ce que nous avons, ils nous fuiront et nous serons victimes d'exclusion sociale», a-t-elle ajouté. Après avoir raconté, avec beaucoup d'amertume, comment elle a été chassée par son père lorsqu'il a appris sa maladie, Malika a affirmé qu'elle puisait sa force de «sa foi en Dieu» tout en poursuivant ses séances de traitement dans l'attente d'un traitement définitif de la maladie. Malika et 35 autres sidéens ont bénéficié, il y a deux ans, d'un micro crédit en vertu d'une convention conclue en 2008 par l'association Al Hayat pour sidéens et l'Agence nationale de gestion du micro-crédit. Malika a investi dans le textile et s'est spécialisée dans la confection de tenues traditionnelles kabyles. Les bénéficiaires ont reçu une formation dans plusieurs spécialités pour acquérir les connaissances à même de leur permettre de gérer leurs micro entreprises, une opération entourée de secret même au niveau des instances centrales pour assurer le succès de ces projets.
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