
Déjà à l'énoncé, nous n'avons pas compris l'objectif ni l'intérêt d'un tel débat pour le festival. Car, la mission et le travail des médias sont bien connus et définis : couvrir un événement et/ou présenter une région donnée. Reste le produit final, l'article ou le reportage, qui, lui, peut, certes, être critiqué, mais aucunement rendu responsable de la réussite ou l'échec de l'événement ni de la situation que vit la région. Mais, on découvrira bien vite que les participants à la rencontre, des habitants de la région, n'étaient pas de cet avis.L'animateur Kamel Sadou introduira le débat par la question «comment avez-vous découvert le désert '» Il proposera de faire un tour de table, que chaque journaliste raconte sa première rencontre avec le désert et dise comment il a appréhendé le Sud. A travers les réponses, on apprendra que la découverte du Sahara s'est, le plus souvent faite, dans le cadre du travail, grâce à une mission bien précise. Aussi, le travail du journaliste ne pouvait-il qu'être limité dans le temps et dans l'espace. Toutefois, les intervenants locaux ne l'entendent pas de cette oreille. Selon eux, les journalistes font mal leur travail. Ils leur reprochent de ne voir de Tamanrasset que l'image folklorique des danses, de la musique, du cérémonial du thé, du targui juché sur son dromadaire avec sa takouba (épée targuie), son allegh (lance targuie) et son bouclier' image qui a toujours été présentée pour attirer le touriste étranger, et des fois par ceux-là même qui la dénoncent aujourd'hui. Les autochtones en veulent aux journalistes qui, diront-ils, écrivent souvent des contre-vérités sur la culture de l'Ahaggar, parce qu'ils sont mal informés ou que leurs sources qui se disent touareg ne le sont en fait que par l'habit et ne sont donc aucunement représentatives de cette culture. Ces écrits peuvent causer beaucoup de tort à la région et à ses habitants, soutiennent des intervenants qui vouent aux gémonies ces journalistes dont les articles sont même, des fois, sources de conflits. Fayçal Metaoui d'El Watan prendra la parole pour recadrer le débat et explique qu'au lieu de ce procès qu'on fait aux journalistes qui viennent d'ailleurs et qu'on rend coupables de la situation que vit Tamanrasset, les habitants de cette région devraient prendre en main la promotion de leur ville, de sa culture et de son image. Qu'ils revendiquent, par exemple, une imprimerie, une station de télévision locale' Mais le journaliste est interrompu par l'animateur qui soutient qu'il n'était aucunement question de faire le procès des journalistes. La suite lui donnera raison. En effet, ce n'est pas à un procès auquel nous assistons, mais à une véritable lapidation. Nous intervenons pour essayer de relayer le propos de notre collègue en expliquant que la promotion d'une culture et sa prise en charge ne peuvent être le fait d'un écrit de journaliste venu en mission pour une semaine, mais le résultat d'un long travail plus pointu de spécialistes, ethnologues, sociologues, ethnosociologues et de politiques' On citera l'exemple du Ahellil du Gourara qui doit son inscription sur la liste du patrimoine de l'humanité non aux écrits de journalistes, mais au travail des spécialistes comme Rachid Bellil qui était présent dans la salle. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre, et pire aveugle que celui qui ne veut rien voir. L'idée d'un journal local et/ou d'un site web qui présenterait la véritable image de Tamanrasset et servirait de références et de base de données crédibles, n'a aucun répondant. On refuse de reconnaître qu'on s'était trompé de cible et d'objectif. Il était plus facile de désigner un coupable que de faire une autocritique qui, elle, aurait pu ouvrir des voies de réflexion au lieu de l'impasse sur laquelle on a débouché.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H G
Source : www.latribune-online.com