Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a présenté hier la loi de finances 2013 devant les membres du Conseil de la nation. Le ministre a présenté les grands axes de ce projet qui prône une forte réduction du budget de l'équipement et du fonctionnement, comme principale mesure à prendre face aux retombées de la crise financière.
La loi de finances 2013 (LF) est comptabilisée sur un prix de baril de pétrole de 37 dollars. Elle prévoit une hausse du volume des exportations des hydrocarbures de 4%, une réduction des importations de 2%, un BIP de 5% et un taux d'inflation de 4%. Les dépenses budgétaires sont estimées à 6879,8 milliards de dinars, soit une baisse de 866 milliards de dinars représentant 11,2%.
Cette baisse est due au recul des dépenses d'équipement de 9,8% et de gestion de 12%. Le ministre a indiqué que l'Etat «poursuivra son engagement concernant l'amélioration du service public, des aides adressées aux couches vulnérables, le soutien des produits de première nécessité», a-t-il indiqué devant les sénateurs. La LF 2013 a prévu la réduction du montant des autorisations de programme à 2240,2 milliards DA contre 2849 milliards DA de la LFC 2012, soit une baisse de 610 milliards DA.
M. Djoudi a indiqué que la réévaluation des projets a été estimée à 554,7 milliards DA et concerne plusieurs secteurs d'activité. La priorité sera donnée à la poursuite des projets engagés depuis le début du troisième mandat présidentiel. La séance matinale, qui a vu également la lecture de l'exposé de la Commission des affaires économiques et financières, a été marquée par une absence flagrante de la grande majorité des membres de la Chambre haute.
L'argentier du pays a présenté son projet de loi de finances pour l'année prochaine devant une trentaine de sénateurs seulement, la plus grande partie des sièges de la salle des audiences étaient vides. Ce phénomène d'absentéisme visible même lors de la présentation de la plus importante loi qui garantira la gestion des fonds de l'Etat trouve son origine dans la conjoncture actuelle marquée par l'approche des élections locales. «Comme d'habitude, certains membres ne viennent jamais alors que d'autres sont pris par la campagne électorale.
Ce sont des militants de partis politiques aussi mobilisés dans leurs wilayas pour réussir ce rendez-vous», affirme-t-on. Les débats sur le texte de Karim Djoudi ont été entamés hier et ont concerné plusieurs aspects relatifs à la vie économique et sociale du pays. Le premier intervenant s'est interrogé sur l'absence de crédit sans intérêt pour les bénéficiaires de logements.
Il s'est également interrogé sur la hausse vertigineuse de l'importation des véhicules cette année en faisant allusion «à l'existence d'une politique de soutien de l'Etat qui ne profite pas aux consommateurs». Il a appelé à «la relance du crédit pour favoriser la consommation» et la révision du code des marchés publics. Le député FLN de Tamanrasset a plaidé pour «l'indemnisation des opérateurs du secteur touristique dans le Sud qui se trouvent au chômage depuis 5 ans».
«Ces agences sont en faillite. Elles ont vendu leurs matériels et mis les employés au chômage. Elles attendent l'indemnisation de l'Etat à travers le fonds du Sud», a-t-il indiqué. Zahra Guerab a demandé «le bilan exact des emplois créés depuis trois ans» pour connaître avec précision le nombre d'emplois prévus pour ce qui reste de ce quinquennal».
Elle a défendu la famille révolutionnaire «privée de son droit de logement» et a dénoncé la non application de l'instruction présidentielle adressée à l'ancien gouvernement pour «la réhabilitation des tombes des martyrs et les bureaux des moudjahidine». «Rien n'a été fait et les tombes des martyrs sont les proies des loups.» Elle a appelé à «la favorisation de la politique de l'occupation du sol dans le sud algérien» et à «la protection des espaces verts dans les wilayas où ils sont menacés par l'invasion du béton armé».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouria Bourihane
Source : www.letempsdz.com