La ministre de la Culture et des Arts a signalé que l'objectif de son déplacement est d'avoir un constat exhaustif de son secteur au niveau local pour pouvoir apporter des réponses claires et concrètes aux aspirations des artistes.En visite de travail et d'inspection dans la wilaya de Tamanrasset depuis mardi soir, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, rentabilise sa première sortie dans le grand Sud en faisant le point sur les véritables problèmes dans lesquels se débattent les professionnels de l'art et les artistes en herbe. D'emblée, elle a tenu à préciser que l'objectif de son déplacement qui durera trois jours est d'avoir un constat exhaustif de son secteur au niveau local pour pouvoir apporter des réponses claires et concrètes aux aspirations des artistes. Bendouda a ainsi promis de revoir les dossiers de tous les projets bloqués afin d'insuffler une nouvelle dynamique culturelle dans cette région millénaire. À commencer par le projet du théâtre en plein air dont les travaux de réalisation ont été arrêtés depuis des lustres.
Le projet de construction d'un théâtre régional est également à l'ordre du jour de cette visite ministérielle, au grand bonheur des amateurs des planches et des professionnels qui ambitionnent de booster le 4e art dans la wilaya de Tamanrasset. Rappelons que le projet en question a été bloqué depuis 2008 à cause de l'absence d'assiette foncière. La direction locale de la culture a appris qu'au départ, c'était l'ancien siège de daïra qui devait être affecté à ce projet, mais le bien a été réaffecté à la 6e région militaire. D'autres terrains ont été proposés pour abriter ce théâtre régional, cependant l'administration aura buté sur plusieurs oppositions. Après plusieurs années de recherche et de tergiversations sans fin dans cette wilaya qui représente 23% de la superficie nationale, le choix s'est porté sur une assiette qui devait répondre aux exigences du projet.
Malheureusement, le ministère de tutelle a décidé de geler définitivement la réalisation de l'ouvrage. Bendouda doit néanmoins savoir que l'unique espace d'expression artistique dont dispose Tamanrasset est la maison de la culture Dassine, dont le siège peut être de toute vocation sauf culturelle. Ce problème a été pourtant signalé depuis 2014 dans une multitude de correspondances sur l'inscription d'une nouvelle infrastructure devant obéir aux exigences des associations culturelles, ou encore des professionnels des arts plastiques, de la musique et du théâtre qui se battent désespérément pour sortir du gouffre de la marginalisation.
La réalisation d'un institut national d'enseignement artistique spécialisé devant prendre en charge les jeunes talents sur le plan académique a également été préconisée, sachant que l'institut le plus proche se situe à Laghouat, soit à 1600 km de Tamanrasset. L'autre point à soulever, selon Brahim Ourzig, membre de l'académie de la société civile à Tamanrasset, est la situation déplorable de certaines bibliothèques de lecture publique qui se trouvent abandonnées malgré les sommes dépensées pour leur réalisation et leur équipement. Notre interlocuteur en a dénombré sept en tout, à savoir celles réalisées à Outoul, Tahifet, In Ghar, Fouggaret Ezzoua, Herafok, In Mguel et In Guezzam, lesquelles sont actuellement livrées aux démons du désert en raison du manque de personnel devant assurer leur fonctionnement.
Ce n'est pas tout, puisque notre interlocuteur est revenu longuement sur l'exclusion des associations culturelles et la sélection inéquitable des mêmes artistes pour qu'ils soient honorés à chaque visite officielle. "À Tamanrasset, on révère toujours les mêmes figures artistiques. Il est temps d'en finir avec ces méthodes de sélection qui consacrent la partialité et la subjectivité décisionnelle." Il s'avère que c'est également la même chose qui s'applique aux associations, dont celles de Tagmart, Tarhananet, Tin Tarabine et Ifragh, dénonce Brahim Ourzig en appelant à plus de transparence et d'objectivité dans l'invitation des associations devant participer aux manifestations et événements culturels à Tamanrasset.
De son côté, Cherif Edaber, membre de l'association Sauvez l'Imzad, a réclamé plus de moyens et de considération pour l'amélioration de la prise en charge des formations dispensées dans les trois écoles de musique ouvertes à Idelès, Tin Tarabine et Tamanrasset, afin de perpétuer tradition et authenticité et faire entendre les résonances ancestrales de l'Ahaggar au-delà de ses majestueux monts.
RABAH KARÈCHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah KARECHE
Source : www.liberte-algerie.com