
Les habitants de la commune d'In Guezzam, à 450 km du chef-lieu de wilaya, Tamanrasset, ont observé en fin de semaine un sit-in devant le siège de la daïra pour exprimer leur ras-le-bol contre les dépassements et les aberrations enregistrées dans cette collectivité de l'extrême sud.Les manifestants, qui ont dressé des tentes près de cette institution, ont dénoncé les agissements du chef de daïra qu'ils qualifient de «tyran» et d'«autoritaire». Bien que des instructions aient été données pour l'amélioration du service public, ce commis de l'Etat reste réfractaire à toute forme de dialogue. «Chaque fois que les citoyens le sollicitent, ils essuient une kyrielle d'injures et de menaces, au mépris des lois de la République», s'indigne un membre du comité de cette municipalité.Dans un rapport détaillé adressé au wali, dont nous détenons une copie, les protestataires ont exigé l'installation d'une commission d'enquête pour s'enquérir de ce qui se trame dans les coulisses de la daïra, notamment en ce qui concerne la gestion du dossier des terres agricoles, «attribuées ??sous la table'' aux hommes d'affaires qui font partie du clan de ce responsable. Cette commune, à vocation agricole, est livrée à la mafia du foncier et au lobbysme de corrompus», peste notre interlocuteur, qui a tenu à expliquer que l'affichage de la liste des bénéficiaires des terres agricoles, approuvée par la daïra en 2010, n'est en fait qu'une formalité. «En réalité, l'opération n'a profité qu'aux personnes recommandées par le chef de daïra, à l'exemple de ce qui s'est passé dans les localités d'Abalak et Adakhedakh. Tout le monde sait que l'attribution s'est faite d'une manière douteuse, mais avec qui parler ' Sur les 41 bénéficiaires, seuls 4 ont pris possession de leur acte de concession.Il s'agit notamment des propriétaires des lots n° 34, 42, 18 et 19. Les autres lots, distribués uniquement sur papier, ne sont pas délimités, au grand dam des bénéficiaires, qui doivent encore prendre leur mal en patience. La gestion de ce dossier est entachée d'irrégularités», révèle un autre membre.Il a indiqué en outre que «10 lopins de terre attribués dans le cadre du programme de la révolution agraire ont été récupérés par les Domaines pour que ce chef de daïra puisse les réattribuer à des personnes qui en ont déjà bénéficié. C'est grave !». Le dossier des subventions accordées aux éleveurs n'est pas meilleur. Les aides octroyées par l'Etat, à en croire notre vis-à-vis, n'arrivent pas à destination et nombreux sont les éleveurs lésés et exclus de cet avantage, particulièrement ceux qui traversent les frontières pour faire paître leur cheptel. Pour bénéficier de la subvention, les concernés doivent s'engager dans un labyrinthe bureaucratique afin d'avoir une décision certifiant les espèces et le nombre de bêtes du cheptel déclarées.Tout en récusant ces allégations, le chef de la daïra d'In Gezzam, rencontré devant le siège de l'Assemblée populaire de la wilaya, explique de son côté que «ces accusations ne sont pas fondées. Cette action est l'?uvre d'une manipulation fomentée par certains élus qui ne défendent que leurs propres intérêts. Je sais qu'ils font l'impossible pour m'écarter de leur chemin, parce que ma présence les dérange. Mais je ne me laisserai pas faire. Ils ont fourré leur nez dans des affaires de corruption et maintenant ils tentent de s'en laver les mains comme si rien ne s'était passé. Un sac poubelle de 20 DA est facturé à 450 DA pour l'APC ! J'ai saisi les instances compétentes, preuves à l'appui, pour diligenter une enquête sur ces dépassements.» A la wilaya, on a appris qu'une commission d'enquête et d'inspection a été dépêchée, jeudi, à In Guezzam pour s'enquérir de la situation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ravah Ighil
Source : www.elwatan.com