Tamanrasset - A la une

Les familles expulsées s'en remettent à la ministre de l'Industrie et Mines



En tout, cinq familles ont été sommées de quitter les lieux sur décision de justice.C'est un véritable cri de détresse que viennent de lancer les familles expulsées des logements de fonction de l'ORGM (Office national de recherche géologique et minière) à Tamanrasset. Après un bras de fer qui aura duré un peu plus de 14 ans avec l'administration, les familles concernées par l'expulsion ont été jetées dans la rue et fini par quitter les habitations qu'elles occupaient depuis près de 40 ans. "L'injustice a fini par triompher dans notre affaire. En tout, cinq familles ont été sommées de vider les lieux sur décision de justice.
L'entreprise, au lieu de récompenser les familles des employés qui se sont sacrifiés pour sa survie durant des années, a fait appel à la force publique pour nous chasser de ces logements comme de vulgaires squatteurs. On nous a humiliés et maltraités", se lamente Toufik Meziane qui en appelle à la ministre de l'Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, ainsi qu'à celui de la Justice, pour trouver une solution urgente aux expulsés et leurs progénitures qui errent à l'aventure dans cette wilaya où "le migrant clandestin est mieux considéré que l'Algérien de souche", regrette notre interlocuteur.
Et de renchérir avec amertume : "Mon père a quitté le nord dans les années 1980 pour travailler dans cette société où il a contracté la maladie ayant causé sa mort. Son seul tort a été de servir son pays honnêtement au moment où plusieurs cadres et compétences choisissaient le prestige et le confort de la capitale. Contrairement à certains employés qui sont parvenus à prendre possession des hectares de terres et des logements, mon père ne voulait pas être dupe.
Il s'est contenté du toit que l'entreprise avait mis à sa disposition pour se loger. Il ne savait certainement pas que l'entreprise qu'il avait servi c?ur et âme pendant toutes ces années allait pousser sa femme et ses sept enfants au vagabondage en guise de récompense pour sa loyauté et son abnégation." L'histoire de Malek Kimouche, également victime de cette expulsion qualifiée d'"arbitraire", ressemble à celle de Toufik, puisque les deux ont subi l'injustice de l'administration locale et souffert du régionalisme cautionné par le pouvoir mafieux.
"Après toutes ses années passées à Tamanrasset, on continue de nous considérer comme des étrangers à la wilaya du fait que l'on tire de cette donne l'excuse de nous exclure de la liste des bénéficiaires de logements qui profitent malheureusement à des étrangers d'origine malienne et nigérienne", a-t-il dénoncé en invitant les autorités compétentes à réétudier leurs dossiers en accordant une attention particulière à leur situation empreinte de précarité. "Nous avons déjà saisi le wali de Tamanrasset au sujet de cette affaire.
Il nous a même promis de nos reloger avant d'exécution de la décision d'expulsion. Cependant, il n'a pas tenu à sa promesse. Il aura sur la conscience toutes ses familles qui se sont retrouvées sans domicile fixe et qui vivent le drame de l'errance pendant que les logements desquels elles sont chassées demeurent abandonnés et inexploités", regrette-t-on.
Pour vérifier cet état de fait, nous nous sommes rendus à la cité de l'ORGM, dont le site est situé à Tafsi, à quelques encablures de la ville de Tamanrasset. Le préposé au gardiennage de la cité n'est, semble-t-il, pas au courant de cette affaire puisqu'il vient tout juste d'être installé dans ce poste. Toutefois, nous avons pu constater de visu que les logements libérés sur décision de justice sont actuellement "assiégés" par les buissons et complètement couverts de toiles d'araignée.

RABAH KARECHE
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