Tamanrasset - A la une

Les eaux usées menacent la santé publique



L'absence d'un réseau d'assainissement à Tine Tarabine, localité située aux confins de la commune de Tazrouk, à 270 km du chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset, constitue un véritable danger de santé publique, notamment en cette période de grandes chaleurs. La vie des villageois est ainsi mise en péril à cause de ce problème qui dure depuis des lustres, s'alarme Cheikh Amed Ighibba, chef des tribus de Tin Tarabine, dites At lawayen.D'après notre interlocuteur, la réalisation d'un réseau d'assainissement pour les foyers est plus qu'impérative dans cette localité afin d'en finir avec l'épineux problème des fosses septiques et des risques de maladies à transmission hydrique qui peuvent en découler. L'urgence, préconise-t-il, est d'engager une opération de recensement des habitations afin de pouvoir adapter les études à leurs plans de situation et en fonction des relevés topographiques. L'objectif est surtout d'éviter les erreurs constatées dans d'autres villages mal raccordés au réseau d'assainissement, où l'on a dénoncé à maintes reprises le problème de refoulement des eaux usées dû à la non-conformité des canalisations ou encore au non-respect de la pente devant garantir l'autocurage des rejets.
"La majorité des foyers de notre bourgade est dépourvue de cette commodité vitale. Le wali de Tamanrasset devra se rendre à Tine Tarabine pour prendre connaissance de la souffrance des habitants qui se trouvent quotidiennement incommodés par les odeurs nauséabondes provenant des fosses perdues, lesquelles ne répondent de surcroît à aucune norme pratique", indique notre interlocuteur.
Et de renchérir que la situation est plus qu'inquiétante pour les villageois qui appréhendent une menace de contamination à grande échelle et de pollution de leur eau potable. Ce qui en rajoute une couche déjà épaisse aux écueils dans lesquels se débat cette localité qui manque de beaucoup de commodités. Bien qu'elle contienne au fond de ses entrailles d'importantes ressources aurifères, Tine Tarabine n'est toujours pas dotée d'un réseau routier. Pour s'y rendre, il faut impérativement louer un 4x4 pour pouvoir s'aventurer dans un itinéraire quasiment impraticable, en passant par Tim Ekendout, Aït Ouklane, Ahtes, Inezzoul et Tirarine, toutes des localités qui forment ensemble l'esquisse d'une zone profondément frappée par l'ostracisme.
Selon Cheikh Amed, les opérations de développement destinées aux zones d'ombre doivent être lancées en toute urgence dans ce village, qui se trouve à la merci de deux groupes électrogènes encore loin de répondre aux besoins des habitants en cette énergie vitale, notamment en cette période de canicule. Pis encore, ces groupes ne fonctionnent pas à plein temps en raison du manque d'approvisionnement en carburant, précise encore notre interlocuteur, avant de conclure : "Nos responsables qui profitent allègrement du confort des bureaux climatisés doivent penser aux personnes âgées qui décèdent par déshydratation sous l'effet de la fournaise ou encore aux malades chroniques qui sont contraints de conserver leurs médicaments à des températures insupportables."

RABAH KARÈCHE
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