Tamanrasset - A la une

Les chiffres qui démentent les rapports des ONG



Sur 2 201 consultations généralistes effectuées dans les différentes structures sanitaires de la wilaya en 2018, 24% ont profité aux migrants, pendant que 11% des personnes hospitalisées sur les 117 inscrites aux bureaux des admissions relèvent de la communauté migrante.En visite de travail dans la wilaya de Tamanrasset depuis samedi soir, les représentants de l'OIM et du HCR ont assisté, hier, à une présentation en matière de statistiques et de chiffres qui mettent en exergue le volet lié à la prise en charge médicale des migrants en Algérie. L'exposé fait par le président du Conseil des médecins spécialistes auprès de l'EPH de Tamanrasset, Dr Elias Akhamouk, a fait ainsi ressortir des sommes colossales dépensées durant le 1er trimestre de l'année 2018 et ces deux dernières années.
L'orateur a axé son intervention sur les mesures particulières entreprises en faveur de cette frange vulnérable pour qu'elle ait accès aux soins et qu'elle bénéficie d'une prise en charge médicale adéquate. Rien que pour les trois premiers mois de l'année en cours, 485 migrantes, toutes nationalités confondues, ont accouché au nouveau centre de maternité de Tamanrasset, contre 407 accouchements pour toute l'année de 2017 et 613 en 2016. Pour ce qui est des consultations généralistes effectuées dans les différentes structures sanitaires de cette wilaya, la DSP de Tamanrasset en a enregistré 2201 en 2018, dont 24% ont profité aux migrants. 11% des personnes hospitalisées sur les 117 inscrites aux bureaux des admissions relèvent de la communauté migrante, précise Dr Akhamouk, en présentant avec force détails les avantages accordés à cette population mobile, notamment en matière d'actes opératoires dont le nombre, qui était, a-t-il rappelé, de 684 en 2017 et de 933 en 2016, a atteint 117 durant le 1er trimestre 2018 où l'on a reçu des patients issus de 17 nationalités différentes, particulièrement des pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest. Parlant des migrants nécessitant une prise en charge médicale dans les hôpitaux du Nord, Dr Akhamouk a indiqué que ces opérations ont englouti un budget de plus de 2,6 millions de dinars, dont 133 000 DA en 2018, consacrés, entre autres, au transport des patients concernés par voie aérienne. La même chose pour le service d'hémodialyse qui a pris en charge, entre les dialyses chroniques et celles d'urgence, 15 insuffisants rénaux migrants en 2018, 27 en 2017 et 32 en 2016. Une enveloppe financière de plus de 100 millions de dinars a été allouée à ce service qui a bénéficié, tout récemment, d'un nouveau centre de dialyse à la cité Adriane, dans la ville de Tamanrasset. Le service d'oncologie de l'EPH n'est pas en reste, puisque qu'il a reçu, depuis sa mise en service en 2015, 15 personnes migrantes sur les 59 enregistrées en 2 ans, 2016 et 2017. L'intervenant a également parlé des 29 tuberculeux (22 en 2017 et 7 en 2018) suivis au niveau de l'EPH, avant de nous dresser une courbe montrant l'évolution du paludisme dans cette région frontalière de l'année 2009 jusqu'à 2017, où l'on a relevé respectivement 55 et 383 cas. "De 2012 à 2017, on a pris en charge 2 809 cas de malaria, dont 37,26% sont des migrants âgés entre 3 mois et 90 ans. Le taux de létalité est de 0,45%", ajoute encore Dr Akhamouk, précisant que tous ces cas sont importés. Tout en insistant sur le coût du traitement antirétroviral des sidéens, auquel une enveloppe de 35 millions de dinars a été consacrée, l'intervenant, également chef de service infectiologie de l'EPH de Tamanrasset, a dénombré 669 cas de VIH dont 307 migrants. Sur les 3 494 personnes dépistées au niveau du centre de Tamanrasset, 152 appartiennent aux populations migrantes, dont 9 cas se sont avérés positifs, indique Dr Akhamouk avant de terminer par le budget consacré à l'achat des médicaments (66 millions de dinars) et les dépenses de fonctionnement liées à la prise en charge hospitalière des migrants au niveau de l'EPH de Tamanrasset (354 millions).
RABAH KARECHE
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