L'arrivée de l'eau à Tamanrasset à partir de In Salah a permis de recréer la vie, de rassurer les gens de l'extrême sud, c'est également un geste de justice sociale, estime Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, dans un entretien à la Chaîne III de la Radio nationale dont il était l'invité de la rédaction.
C'est un défi qui a été relevé et beaucoup de centres de vie vont être créés sur le parcours, ajoute-t-il. C'est donc, fait-il remarquer, une manière d'occuper le territoire, de mieux développer le pays et de donner beaucoup de chances de développement aux gens de l'extrême-sud. La consommation à Tamanrasset est de 20 000 mètres-cubes/jour, ce qui est transféré est 100 000 mètres-cubes/jour correspondant aux prévisions pour l'année 2040, ajoute-t-il. A partir de l'an prochain, les villes qui sont sur le parcours seront raccordées, dit-il. M. Sellal fait savoir que plus de 3 000 fuites sur le réseau d'eau potable de Tamanrasset ont été prises en charge et 70% à 80 % de la population de Tamanrasset est alimentée au robinet sans difficultés majeures. Fin janvier 2012, le ministère confiera à Cosider la réalisation de 380 km de canalisations au niveau de la ville de Tamanrasset et il y aura un nouveau réseau ultra performant, précise-t-il. Pour le ministre, Cosider a acquis une expérience dans les grands transferts d'eau et est maintenant un outil national performant capable de prendre de gros projets et c'est pour cette raison, fait-il observer, que nous lui avons confié cinq barrages. Le ministère associe les entreprises nationales à la réalisation des grands travaux dans le secteur de l'eau sans arrêter de faire appel quand c'est nécessaire aux entreprises étrangères, souligne-t-il. Il confirme que beaucoup de projets sont confiés par le ministère aux entreprises algériennes. M. Sellal rappelle que le nouveau code des marchés publics accorde des préférences aux entreprises nationales, ce qui permettra d'éviter les transferts de devises à l'étranger qui commencent à devenir dangereux pour le pays. Pour les gros projets complexes, dit-il, nous encourageons les partenariats internationaux avec les entreprises nationales. Sur les Hauts Plateaux, précise M. Sellal, deux projets sont prévus : le grand transfert d'eau sur les hautes plaines sétifiennes dont les travaux se termineront en 2013 ; le grand transfert des eaux de l'albien vers les Hauts Plateaux en passant par Djelfa, Laghouat, le sud de Tiaret, et le sud de M'Sila est à l'étude. Au total ce seront 600 millions de mètres cubes qui seront transférés annuellement, fait-il remarquer. Aujourd'hui, fait-il savoir, nous sommes à près de 68 barrages et 15 sont en cours de réalisation. Il cite l'exemple de Beni Haroun qui est rempli à 890 millions de mètres cubes; on rentre en été avec près de 860 millions de mètres cubes et on ressort à la même saison avec la même quantité. Le ministre estime que le problème de l'eau est réglé en terme de ressources mais en terme de distribution, dit-il, il y a encore beaucoup de travail à faire. Globalement le pays est sécurisé pour l'alimentation en eau potable, affirme-t-il. L'autre objectif majeur, ajoute-t-il, c'est de poursuivre les efforts pour donner plus d'eau au secteur de l'agriculture afin de gagner l'autre bataille qu'est la sécurité alimentaire du pays. Il rappelle que des dizaines de stations d'épuration d'eaux usées sont en cours de réalisation pour redonner l'eau traitée à l'agriculture pour l'irrigation ou pour la recharge de la nappe. Les capacités actuelles d'épuration d'eaux usées sont de 700 millions de mètres cubes, l'objectif visé, souligne-t-il, est un milliard de mètres cubes à l'horizon 2015-2016. Il fait remarquer que les maladies à transmission hydrique ont nettement régressé. Il rappelle que les prix de l'eau sont subventionnés par l'Etat. Aucune augmentation du prix de l'eau n'est prévue, le gouvernement n'y pense même pas, souligne-t-il. A propos du barrage Taksebt, il fait observer, qu'il a été conçu pour tout le couloir : Tizi Ouzou, Boumerdès, Alger. La capitale qui reçoit 200 000 mètres cubes par jour pourra atteindre 350 000 mètres cubes/jour). Il rappelle que les premiers à bénéficier de ce barrage quand il a été mis en fonctionnement, ce sont un ensemble de communes de Tizi Ouzou qui sont et resteront prioritaires, souligne le ministre. Un transfert se fera jusqu'à Azzefoun, d'ici juillet. Il y a un autre barrage à Souk Tleta, rappelle-t-il. Tizi Ouzou n'aura jamais un problème d'eau potable, affirme-t-il. A propos de la modernisation des réseaux, il fait savoir qu'à Alger, avec 3 200 km de canalisations, les fuites d'eau sont descendues de 40% à 17%. En Algérie, il y a 102 000 km de canalisations, fait-il observer. Avec la reconduction du contrat de délégation de gestion pour Alger et son extension à la wilaya de Tipasa, l'objectif est de maintenir l'effort de modernisation, souligne le ministre, parce que, explique-t-il, il faut créer un réflexe de savoir- faire et de remise à niveau chez l'Algérienne des eaux, de l'Office national de l'assainissement avec un transfert de technologie, c'est ce qui est en train de se faire, dit-il. La situation à Alger et Oran est relativement bonne, elle s'améliore à Constantine, fait-il savoir. Le taux de remplissage des barrages était jeudi dernier à 64,58 %, un taux extrêmement correct, estime le ministre qui considère que le dessalement était un bon choix et une très bonne option pour l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakhdar A
Source : www.lnr-dz.com