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Le coup dur de trop pour le tourisme Répercussions de la prise d'otages à In Amenas



Le coup dur de trop pour le tourisme                                Répercussions de la prise d'otages à In Amenas
Les agences de voyages risquent d'être des victimes collatérales.
Les répercussions économiques de la prise d'otages d'In Amenas ont été immédiates. Le secteur du tourisme, par définition le plus sensible à ce genre d'événement, est le plus touché. Quelque 305 touristes étrangers de différentes nationalités ont dû renoncer, ces jours-ci, à leur voyage à Tamanrasset.
Ce chiffre risque d'augmenter. Selon une source crédible, l'annulation des réservations effectuées par ces touristes a été motivée par le refus des compagnies d'assurances de leur pays respectifs de leur délivrer le document nécessaire pour compléter les demandes de visa en raison de la situation sécuritaire qui prévaut en Algérie et au Sahel. Un responsable de la direction du tourisme et de l'artisanat corrobore que «les visas accordés aux touristes étrangers ont tous été annulés à cause de ces événements qui constituent un nouveau coup assené au tourisme en Algérie, qui est déjà à l'agonie. Une conséquence fâcheuse que les responsables des agences de voyages risquent de payer fort après toutes les opérations entreprises pour développer et relancer ce secteur névralgique dans le Sud».
Contacté par nos soins, le président de l'association des agences de voyages de Tamanrasset, Hamdaoui Ahmed, souligne que «cette attaque n'est pas sans influer les tours opérateurs étrangers ayant émis beaucoup d'inquiétudes sur la stabilité sécuritaire dans le Sud algérien, lequel est déjà entaché par une succession d'événements du même ordre. Attaquer une base pétrolière est un acte suicidaire, certes. Toutefois, ces terroristes ont atteint leur objectif et réussi à faire parler d'eux via les médias du monde entier. C'est le prix que toutes les agences de Tam risquent encore de payer».
Début décembre dernier, pour rappel, les responsables de 79 agences de voyages activant dans le Sud avaient tiré la sonnette d'alarme, appelant les autorités à leur venir en aide pour assurer la survie de leur activité qui, d'année en année, connaît un recul du nombre de touristes dans la région.
La tension au Sahel et la perspective, à l'époque, d'une intervention militaire au Mali étaient l'explication donnée par les tours opérateurs. Une situation qui avait obligé les autorités à fermer des sites touristiques prisés pour parer aux menaces d'enlèvement, ce qui a grandement limité l'offre qualitative des agences de voyages. Les professionnels avaient, à l'occasion, appelé les autorités à réétudier les tarifs des billets d'avion sur la région et de faciliter l'obtention des visas pour les touristes étrangers, tout en revendiquant des facilités fiscales pour amortir un tant soit peu les pertes subies.
Mais le coup dur qui vient de frapper tout le pays, à cause de ce qui s'est passé à In Amenas, exige sans doute des mesures autrement plus radicales pour sauver le secteur du naufrage.
C'est tout le Sud algérien qui s'en trouve pénalisé, lui qui ne vit pratiquement que de ses atouts naturels pour attirer des touristes et faire travailler des jeunes livrés le plus souvent au dés'uvrement.
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