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LE CHANTEUR, AKLI D., À "LIBERTE""J'aimerais bien que la musique kabyle retrouve son côté africain"



LE CHANTEUR, AKLI D., À
L'artiste, invité d'honneur au Festival international des arts de l'Ahaggar Tin-Hinan Abalessa, revient, dans cet entretien, sur son projet de fusion entre la musique kabyle et celle des Touareg, autrement appelé le blue du désert.Liberté : Une année après votre passage à Tamanrasset, le public de l'Ahaggar semble toujours marqué par votre spectacle...
Akli D. : Je suis venu l'année passée en tant que participant au Festival national de la musique et de la chanson amazighes. Ça m'a beaucoup plu. L'accueil était formidable. J'ai découvert le public de l'Ahaggar ainsi que son mode de vie. Sincèrement, j'étais ensorcelé. On m'a invité cette fois-ci non pour me reproduire sur scène mais pour rencontrer des chanteurs touareg dans le cadre d'un projet de fusion des deux musiques kabyle et targuie. C'est mon rêve qui se réalise.
Avez-vous envisagé de faire des duos avec des troupes Imuhagh '
Des duos, je ne sais pas. Néanmoins j'essayerai de faire des fusions de la musique kabyle avec la musique targuie. On l'a déjà fait avec la musique occidentale, mais ça n'a pas marché parce qu'elle a perdu ses repères, par le fait qu'elle est trop occidentalisée dans les arrangements. Aujourd'hui, je suis en train de découvrir des musiciens du Sud pour ramener la musique kabyle vers son côté africain. J'ai eu l'occasion de rencontrer déjà plusieurs musiciens de Tamanrasset et des Burkinabés, et nous avons commencé à travailler ensemble. Il faudrait reconnaître que la musique kabyle n'existe plus sur l'échelle internationale, dans les grands concerts et les grand rendez-vous. La musique kabyle a perdu sa nature pour laisser place à la musique des fêtes. Cependant, il ne faut pas que la musique qui éduque les jeunes et celle qui véhicule nos messages disparaisse. Cela provoquerait la mort de tout un peuple. Quand une culture meurt, c'est un peuple qui meurt avec. J'aimerais bien que la musique kabyle retrouve son côté africain car, malgré tout, nous sommes des Africains, nos traditions et notre histoire sont africaines.
Entendre le public ovationner les participants ne vous donne-t-il pas envie de monter sur la scène du festival '
Oui, je le ferai mais pas cette fois-ci. Je suis venu cette année avec un peu de recul pour voir réellement ce qui ce passe dans cette région millénaire vu que je n'ai pas de pression et de trac. J'essayerai, à l'occasion, de comprendre la musique amazighe et le secret qui fait que les Touareg ont gardé toujours leur culture ancestrale qui traverse aujourd'hui l'Occident via leur musique. Les Touareg ont leur propre son, contrairement à la musique kabyle qui n'a pas trouvé encore son identité : on ne sait plus si elle est orientale ou occidentale. Le pire est qu'on n'arrive pas à la classer contrairement à la musique targuie qui est classée dans le blues du désert. Les chantres touareg ont apporté juste la guitare électrique, mais ils ont gardé toujours leur façon de chanter, les mêmes notes et le même rêve du désert. Je suis un peu triste de voir, quand même, la musique kabyle perdre sa place sur la scène internationale. Lors de mes tournées à l'étranger, je ne rencontre qu'Idir. Il faut dire la vérité, il est temps que notre musique ait un son pour avoir notre propre identité. Et c'est en revenant à ses racines africaines qu'on peut construire sa musique et son histoire comme c'est le cas des Touareg et des Chaouis qui sont restés authentiques. Aujourd'hui, rare sont les musiciens kabyles sur la scène internationale comparativement aux années 1980.
A. K
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