Tamanrasset - A la une

La Transsaharienne ou la route de la mort



Les qualificatifs ne suffisent pas pour décrire l'état de dégradation de la Transsaharienne. La route de l'Unité africaine, évoquée à chaque événement économique et commercial dans le Sud, eu égard à l'importance qu'elle revêt, est dans un piteux état, notamment les tronçons reliant El-Menéa à Tamanrasset en passant par la wilaya déléguée d'In Salah (1 100 km) et Tamanrasset à In Guezzam (400 km). Ce qui n'est pas sans susciter colère et indignation des automobilistes qui ne cessent de déplorer cette lamentable situation. Nombreux à avoir dénoncé cet état de fait, les usagers, particulièrement les routiers et les chauffeurs d'autocars desservant cette wilaya du Grand-Sud, s'en remettent aux plus hautes autorités du pays et les pressent de réagir à leurs cris de détresse, puisque le problème dépasse vraisemblablement les responsableslocaux qui, comme pour donner un sens à leur indifférence
coupable, s'investissent dans le placement de panneaux de
signalisation portant la mention "Chaussée déformée !" à tout bout de champ.
Le constat est on ne peut plus désolant. La négligence est perceptible le long de cette route où ont été érigées plusieurs maisons cantonnières, pour lesquelles des sommes d'argent considérables ont été dépensées pour être, finalement, abandonnées et livrées aux démons du désert en l'absence d'équipement et de matériel d'entretien. Il faut signaler que la chaussée est, sur des centaines de kilomètres, parsemée de nids-de-poule et d'ornières, contraignant les automobilistes à emprunter des pistes de déviation pour minimiser les dégâts et surtout arriver à destination "sains et saufs".
Plusieurs points noirs à l'origine de nombreux accidents mortels ont été dénombrés par les institutions de sécurité qui ont, à maintes reprises, tiré la sonnette d'alarme à travers des rapports accablants adressés aux autorités compétentes. Il semble toutefois que ces cris d'alarme sont tombés dans l'oreille d'un sourd, puisque la situation est toujours la même. Selon les statistiques avancées par la Protection civile de Tamanrasset,
145 personnes sont décédées et 1 537 autres ont été blessées dans 719 accidents de la circulation survenus sur cette route durant les cinq dernières années. Les chiffres donnent le tournis et justifient clairement la dernière réaction de la société civile qui s'est mobilisée pour dénoncer, haut et fort, le laxisme des responsables et crier sa colère face aux accidents mortels
dénombrés quotidiennement sans pour autant inquiéter le pouvoir en place. Rappelons qu'une pétition, signée par 110 associations activant dans les communes de Tamanrasset, d'In Salah et d'In M'guel, a été transmise au ministre des Travaux publics et des Transports. L'auteur de cette initiative, le président de l'association caritative El-Ihssane, indique que des rapports peu reluisants et une cartographie des points noirs signalés sur la RN1 ont également été joints à cette correspondance signée dans l'urgence. À la wilaya, on a appris que des entreprises ont été engagées pour procéder à la réfection des tronçons dégradés. Cependant, les travaux avancent à pas de tortue, a-t-on constaté de visu.
RABAH KARECHE
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