Solution - Les autorités ont récemment procédé au recrutement de 1 000 enseignants de français pour compenser le déficit dont souffrent les cinq départements du sud du pays.
Ce nombre devrait «pallier définitivement le déficit enregistré en la matière dans ces régions», a annoncé M. Benbouzid sans aucune autre précision sur la date de ce recrutement massif. «Aucune région du Grand Sud, à savoir Tamanrasset, Illizi, Béchar et Adrar ou encore Tindouf, ne manque d'enseignants de langue française», tous cycles confondus, a-t-il insisté.
La situation semble préoccupante dans cette vaste région du pays même si le département de Benbouzid assure que «des enseignants des wilayas du Nord ont été sollicités et ont bénéficié d'importantes mesures incitatives pour leur permettre d'accomplir leurs missions dans de bonnes conditions».
Le ministre va même jusqu'à affirmer, lors de sa visite sur le terrain et de sa réunion avec les responsables du secteur des wilayas du Grand Sud, qu'aucune région de cette partie du pays «à savoir Tamanrasset, Illizi, Béchar et Adrar ou encore Tindouf jusqu'à Tin Zaouatine, ne manquait d'enseignants de langue française».
Une déclaration qui pourrait s'inscrire dans la contradiction, vu que si on s'engage à recruter 1 000 enseignants affectés exclusivement au sud du pays c'est qu'il ya un besoin pressant. Ce paradoxe s'est d'autant plus confirmé que le ministre de l'Education a organisé une réunion le 28 janvier dernier pour les 22 wilayas du sud consacrée «aux problèmes du secteur et de sédentariser les enseignants de français en question». La simple comparaison des deux déclarations révèle une contradiction dans le discours de Benbouzid qui ajoutera lors d'une conférence régionale sur l'évaluation de la scolarisation dans le sud qu'une «série de mesures pratiques a été prise pour assurer l'encadrement des langues étrangères au niveau des établissements scolaires dans les régions du sud du pays».
Benbouzid a, à ce titre, exhorté les responsables locaux à hâter les procédures de titularisation des enseignants, toutes filières confondues, et de coordonner leurs actions avec les responsables centraux et locaux, pour l'ouverture de postes budgétaires nécessaires au recrutement d'enseignants dans les différents paliers scolaires.
Enfin, même si la situation n'est pas nouvelle, elle est devenue, au fil du temps, gravissime. Les enseignants ayant corrigé, l'année dernière, les copies de français des candidats du baccalauréat de la wilaya de Tamanrasset, étaient stupéfaits. «On n'a rien trouvé à corriger, les copies n'étaient ni plus ni moins que des ratures et des grattages», témoigne Mme S.M., enseignante de langue française.
Aberrations
L'autre aberration révélée par cet enseignant de 47 ans est l'orientation forcée des bacheliers de l'intérieur du pays vers la spécialité. «Il faut savoir qu'ils ne sont pas prédisposés à suivre cette spécialité. Cette stratégie qui a pour but de répondre au besoin pressant en matière d'enseignants de langues étrangères, a malheureusement créé le fait contraire. Les erreurs sont telles qu'un enseignant a induit en erreur ses propres élèves, puisque lui-même n'assimilant pas la langue française est allé jusqu'à dire un ''zoiseau ''», à titre d'exemple.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com