C'est aujourd'hui la Journée internationale du tourisme. Les journées internationales, chez nous un peu plus qu'ailleurs, font toujours sourire en coin, pas seulement en raison du caractère folklorique de certaines de beaucoup d'entre elles, mais aussi et surtout en raison du fait que les célébrations, quand elles ne sont pas une halte d'évaluation et de projection ne servent pas à grand-chose en dehors de leur côté festif. Bien sûr, tout le monde, ce jour là, se rappellera qu'il y a 364' jours et un quart dans l'année.
Mais le tourisme est important. Des pays de moindres potentialités naturelles en ont fait leur source de revenus principale. L'Espagne, l'Inde et le Brésil, entre autres, donnent le tournis avec le nombre de visiteurs et le chiffre d'affaire annuels et la Tunisie, comme l'Egypte, est menacée de ruine si elle ne retrouve pas sa stabilité politique rapidement. Et la stabilité, s'appelle la sécurité. Journée internationale ou pas, les Algériens devraient quand même se rendre à cette cruelle évidence :
tant qu'il y aura encore des attentats terroristes, il y aura peu, très peu de touristes qui vont tenter la «destination Algérie», comme on dit dans les prospectus et dans les' chancelleries ! Autre évidence, pas aussi cruelle mais bien frustrante, d'en avoir depuis toujours bernés : non, nous n'avons pas le plus beau pays du monde. Les «1200 kilomètres» de côte ont tourné à la rigolade quand nous avons découvert - très tard - que la Tunisie, le petit poucet nord-africain en avait 1400 et que la Libye en avait 1300.
Nous avons aussi découvert que la magie du Sahara, l'immensité des dunes de l'erg occidental ou les étendues lunaires du Tanezrouft ne pouvaient pas «tous seuls» attirer grand-monde. Mieux - ou pire -, d'autres pays pouvaient proposer autant d'«isolement» et de «sensations fortes» avec des paysages tout aussi «magiques».
C'est pourquoi, il faudra peut-être commencer par là. Evacuer l'illusion d'irrésistibilité de nos paysages pour passer aux choses sérieuses. Rétablir la sécurité, envisager le tourisme comme une industrie, investir et faciliter l'investissement, former, cibler des marchés, promouvoir et' séduire ! C'est pourquoi l'opération «nettoyage et aménagement des sites», entreprise ces jours-ci dans ce qui reste encore possible comme «circuits»
dans la région de Tamanrasset, à l'approche de l'«ouverture de la saison touristique», a quelque chose de vraiment pathétique. Surtout qu'à l'occasion, on évoque sans retenue des perspectives aussi prétentieuses qu'illusoires que «l'après-pétrole». Une idée, si on se rappelle bien, est de la même nature que l'Algérie plus beau pays du monde et les 1200 kilomètres de côte.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com