Tamanrasset - A la une

L'urgence de réactiver l'Observatoire régional des maladies tropicales



À l'établissement public hospitalier de la ville de Tamanrasset où il s'est rendu hier, dans le cadre de son programme de visite et de "solidarité" avec les wilayas du Sud les plus touchées par la propagation du paludisme, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a eu à constater les écarts de chiffres avancés par son département et les données réelles communiquées localement. En constatant la différence des chiffres communiqués sur cette maladie, le ministre a demandé une compilation de toutes les données et statistiques présentées à l'EPH sur le diagnostic, l'évolution et le suivi de la malaria à Tamanrasset pour pouvoir actualiser ses chiffres et du coup rassurer l'opinion publique. Selon le bilan de la direction locale de la santé, le nombre de paludéens confirmés s'élève à 1 392 cas et non à 1 143, soit une différence de 249 cas en comparaison avec les statistiques du ministère de tutelle.Le même constat quant aux décès dont le nombre est de 5 au lieu de 3. Le déplacement du ministre dans la wilaya de Tamanrasset en compagnie du ministre délégué chargé de la Réforme hospitalière, Ismaïl Mesbah, a permis ainsi de voir plus clair sur la nature de la pression subie par les professionnels de la santé qui manquent cruellement de moyens matériels et humains, notamment en cette période de crise sanitaire.
L'exposé présenté à la délégation ministérielle à la salle de la télémédecine a fait ainsi état de 150 lamelles de microscope consommées quotidiennement dans le cadre des enquêtes épidémiologique et entomologique réalisées par les spécialistes et laborantins de l'Eph. Rien que pour la journée du 27 septembre écoulé, 92 nouveaux cas de malaria ont été diagnostiqués dans la wilaya de Tamanrasset, dont 63 à l'EPH de la ville, qui dénombre en tout 818 paludéens, soit 68% du total des cas. Le dernier cas autochtone a été relevé en 2012 à Tin Zaouatine. Depuis 2013, toutes les contaminations sont importées des pays voisins, explique-t-on au représentant du gouvernement, qui a eu à savoir qu'en 7 ans, de 2012 à 2019, Tamanrasset aura cumulé 4 315 cas, soit 80% des statistiques nationales.
Cette situation épidémiologique, précise-t-on, est particulièrement due à sa position géographique et aux 1 200 km de frontière qu'elle partage avec les pays endémiques, le Niger et le Mali. On a souligné également la cause relative aux liens sociaux et aux relations entretenues avec les pays du voisinage. D'où l'urgence de réactiver l'observatoire régional de la santé et des maladies tropicales dans cette région, lequel a, faut-il le noter, été créé en vertu d'un arrêté ministériel signé en juillet 2020. Annexé à l'Institut national de santé publique, l'observatoire en question est censé prendre en charge toutes les infections liées à la maladie de la fièvre des marais, ainsi que d'autres maladies infectieuses qui sévissent sous des climats chauds et humides, tels la leishmaniose, la schistosomiase, la lèpre et le mycétome.
Par ailleurs, lors du passage au projet de réalisation d'un hôpital de 240 lits, qui a atteint un taux d'avancement physique de 62%, le ministre a invité l'entreprise réalisatrice à honorer ses engagements pour livrer l'ouvrage avant le 4e trimestre 2021.
Une rencontre avec les professionnels de la santé, non prévue initialement par les services du protocole, a été demandée par le ministre qui a promis de résoudre les situations problématiques soulevées notamment dans les "zones d'ombre".
RABAH KARECHE
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