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L'hommage du Maghreb à Ahmed Ben Bella Il a été inhumé hier à El Alia



L'hommage du Maghreb à Ahmed Ben Bella                                    Il a été inhumé hier à El Alia
Enterrement sous un chapiteau. Le premier chef de l'Etat algérien, Ahmed Ben Bella, a été accompagné à sa dernière demeure, hier, au carré des Martyrs, sous une pluie battante, par Abdelaziz Bouteflika aux côtés de Chadli Bendjedid qui paraissait en bonne forme.
Des dirigeants maghrébins ont fait le déplacement à cette occasion. Parmi eux, le président tunisien Moncef El Marzouki accompagné de son Premier ministre, de son ministre des Affaires étrangères et du leader de mouvement Ennahda, Rached Ghannouchi. Du côté ouest étaient venus le président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, le Premier ministre marocain, Abdellah Benkirane, et le Premier ministre mauritanien, Moulay Oulad Ahmed El Aghdas. L'hommage du Maghreb officiel. Les frontières se sont ouvertes et les haches de guerre ont été enterrées le temps d'une inhumation.
Les Libyens, eux, n'ont pas fait le déplacement. Ben Bella était proche de l'ancien tyran de Tripoli ; Mouammar El Gueddafi avait même baptisé de son nom un boulevard dans la capitale libyenne. Néanmoins, les funérailles nationales voulues par la présidence de la République n'ont pas drainé la grande foule. Peu d'Algériens se sont déplacés au carré des Martyrs. Rares étaient également les figures de la lutte de Libération nationale qui ont fait le déplacement au cimetière El Alia. Personnage controversé, ne cessant de provoquer des polémiques même au crépuscule de sa vie, Ahmed Ben Bella a connu, durant un demi-siècle, un parcours jalonné de rebondissements. Son itinéraire divise plus qu'il ne rassemble les Algériens.
Porté au pouvoir par l'armée des frontières au lendemain de l'indépendance, au prix d'un affrontement meurtrier entre «frères de combat», le règne de Ben Bella durera deux ans à peine. Une courte durée qui lui a suffi pour jeter en prison de nombreux leaders historiques, dont Mohamed Boudiaf et Ferhat Abbas ; d'autres se sont exilés. Le commandant Azzedine, lui aussi emprisonné dans le Sud, se souvient de la période peu glorieuse de Ben Bella. «Il a dit à ma s'ur, qui est allée le voir après mon emprisonnement à Tamanrasset pour prendre de mes nouvelles : 'Azzedine est une tête dure, il mérite deux balles dans la nuque'.» Abdelaziz Bouteflika qui, pourtant faisait partie des artisans du coup d'Etat militaire contre lui, le 19 juin 1965, a décrété un deuil national de huit jours.
Des remords ' Avant cela, l'actuel chef de l'Etat avait réhabilité Ben Bella en supprimant la date du 19 juin du registre des fêtes nationales. La télévision gouvernementale qui trois jours durant, n'a pas tari d'éloges envers un «grand révolutionnaire» en tentant de fabriquer un mythe, a vite oublié la séquence de 1995 où, sur le même plateau de l'Unique, Ben Bella avait été qualifié de «traître» pour avoir signé «le contrat national» de Sant'Egidio à Rome. Sans commentaire.
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