Lors d'une conférence de presse qu'ils ont animée tout récemment à l'hôtel Tin Hinan de la ville de Tamanrasset, les enseignants arnaqués reviennent avec force détails sur la genèse d'une filouterie.Après avoir épuisé toutes les voies de recours, les victimes de l'escroquerie fomentée par l'ancien secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE) s'en remettent au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour trancher leur affaire qui demeure pendante dans les couloirs de la justice. En tout, 63 enseignants des trois paliers ont tenu à dénoncer l'arnaque dont ils sont victimes depuis 2011. Cette arnaque est digne d'un scénario hollywoodien.
A. B., ancien SG du SNTE, aurait réussi à leur extorquer des sommes d'argent oscillant entre 40 et 80 millions de centimes, sous le fallacieux prétexte d'acquisition de véhicules particuliers par voie de facilité de payement.
Par crédulité ou méconnaissance des procédures réglementaires d'usage, les victimes versaient leurs tranches de paiement dans le compte du SNTE.
Cette opération, qui devait normalement se faire directement avec le concessionnaire conventionné, a révélé ainsi l'intention du SG mis en cause. Il aura abusé de la confiance des enseignants souscripteurs à cette "tromperie", dans laquelle s'étaient également impliqués plusieurs délégués syndicaux.
Ces derniers devraient, eux aussi, répondre de leurs actes devant la justice. "Une plainte a été officiellement déposée auprès des instances judiciaires compétentes.
Cependant, l'affaire traîne encore, du fait qu'elle n'a toujours pas connu son dénouement", pestent les victimes, qui interpellent de nouveau le ministre de la Justice, ainsi que les magistrats en charge de ce dossier qui en dit long sur le mal profond qui affecte l'appareil judiciaire. "Le SG mis en cause trouve étrangement le moyen d'échapper entre les mailles du filet de la justice qui obéirait aux ordres de la bande de mafieux ayant pris en otage tout le pays. Pour mémoire, on a saisi tous les responsables concernés en 2014, y compris le président déchu et le Premier ministre d'alors, ainsi que la ministre de l'Education nationale. Cependant, notre réclamation est restée lettre morte", s'indigne-t-on, en faisant état de plus de 250 victimes dans cette affaire scandaleuse à l'échelle nationale.
"Le chiffre exact n'est pas encore connu, parce qu'on a toujours essayé d'étouffer cette affaire. Les quelques rares syndicalistes honnêtes qui ont osé dénoncer cette filouterie ont été abusivement chassés du SNTE qui avait, faut-il le signaler, conclu l'achat d'une dizaine de véhicules, dont la livraison avait eu lieu en l'espace d'une semaine, poussant ainsi nombre d'enseignants à mordre à l'hameçon", racontent encore les victimes, en brandissant tous les documents incriminant l'ex-SG du SNTE.
À travers ce énième cri d'alarme, elles souhaitent que justice soit faite pour pouvoir récupérer enfin leur grisbi.
RABAH KARECHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah KARECHE
Source : www.liberte-algerie.com